mardi 7 juin 2011

« Epigramme à ma bibliothèque » petit cadeau pour les bibliomanes bloggeurs, tiré de ma dernière acquisition (par Dominique Paillard).



« Épigramme à ma bibliothèque », un petit cadeau pour les bibliomanes bloggeurs, tiré de ma dernière acquisition :

BEZE (Théodore de, 1519-1605) : Les Juvenilia de Théodore de Bèze, Texte latin complet, avec la traduction des Epigrammes et des Epitaphes et des recherches sur la Querelle des Juvenilia par Alexandre Machard. Paris, Isidore Liseux, 1879. In-18 carré (15,5 x 9,5), broché, de LXXXIV et 266 pp., (2) ff. n. c. et 14 pp. de catalogue. « De la petite collection elzévirienne », tiré à 300 exemplaires sur hollande par C. Motteroz. Couverture de papier imprimé en rouge et noir, titre en rouge er noir, Portrait et vignettes sur bois. Prix : 10 fr. [B. L. : 11409.bbb.8.]

A MA BIBLIOTHÈQUE

Portez-vous bien, mes livres, mes chers livres,
Mes délices, mon salut.
Bonjour mon Cicéron, mon Catulle, bonjour.
Bonjour, mon Virgile, mes deux Plines ;
Bonjour aussi, mon Plaute, et toi Térence ;
Et vous, bonjour, Ovide, Fabius, Properce.
Bonjour, ô Grecs plus éloquents
Encore, que je devrais placer
Au premier rang, Sophocle, Isocrate.
Et toi qui dus ton nom à la faveur Populaire ;
Et toi grand Homère, salut !

Salut Aristote, Platon, Timée.
Et vous autres, dont je n’ai pu enfermer
Les noms dans la mesure des vers phaléciens.
Vous tous enfin, mes chers petits livres,
Je vous salue, et vous salue, et vous salue encore.
Écoutez ma prière : Je vous en supplie, ô mes chers petits livres ;
Que cette longue absence… de six jours
Où je suis resté loin de vous,
Ne vous empêche pas de me conserver
A l’avenir ces dispositions favorables,
Où vous étiez jusqu’à mon départ,
De facile et sincère sympathie.
Si vous exaucez ma prière,
Mes livres, mes chers petits livres,
- C’est moi qui vous le promets
-
Il ne m’arrivera plus de passer loin de vous
Une semaine : que dis-je ? Un seul jour. Un jour ?
Pas même une petite heure ; pas même

Un instant, si court qu’on l’imagine.

Bonne journée,
Dominique Paillard pour le Bibliomane moderne

9 commentaires:

Textor a dit…

Je fais immédiatement encadrer ce poème pour l'accrocher au mur. Comment se peut-il que Théodore de Bèze cite mes propres ouvrages, je ne lui ai pas passer les clés de ma bibliothèque !! ? :)
Merci Dominique !
T

sandrine a dit…

Un petit soupçon d'universalité.
S.

Jean-Marc a dit…

Merci pour ce beau texte.
Je ne sais si vous avez remarqué, mais le temps actuel, orageux et humide, fait admirablement ressortir l'odeur des livres anciens. C'est un plaisir, en rentrant chez moi, de sentir ces odeurs. De plus, elles se trouvent mêlées à celle d'un jasmin en fleur sur mon balcon. Cette petite digression m'est venu en lisant cette évocation d'un attachement, certes sentimental, mais quasi physique de Théodore de Bèze à ses livres.

Jean-Marc

Pierre a dit…

Pas une seule référence à des auteurs emblématiques comme Anatole France ! Ce Théodore de Bèze s'est vraiment trop spécialisé à mon avis... Pierre

calamar a dit…

oui, ne pas citer Anatole, quelle faute de goût. Mais il ne faut pas l'accabler, il a des circonstances atténuantes. Et puis, il ne cite pas non plus Paul Bourget, il peut donc y avoir autre chose que du (manque de) goût dans ces oublis.

Raphael Riljk a dit…

Mais qui est "Et toi qui dus ton nom à la faveur Populaire "


Raphael

Le Bibliophile Rhemus a dit…

Raphaël,

il s'agit de Démosthène, pour son zèle civique.

Dominique P. a dit…

De Demos, le peuple et sthenos, la force. ca fait penser à la volonté du peuple (sans la force des bayonettes)...
Bonsoir Dominique

Textor a dit…

Démosthène était donc un pseudo, ou bien Théodore de Bèze en fai-il un bon mot ?
T

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