vendredi 6 juillet 2012

Librairie or not librairie ? ou l'histoire à faire d'une photographie ancienne chinée trois sous.

  

Détail

Il m'arrive parfois (souvent) de sortir du chemin tout tracé de la bibliophilie "tradi" comme dirait un ami (qui ne me veut pas toujours du bien). Voici donc un objet de chine, je veux dire cette charmante photographie ancienne de format assez grand (16,5 x 12 cm pour la vue et 29,5 x 23,5 cm pour le carton support sur lequel elle est contrecollée). De quand date-t-elle ? Que représente-t-elle ? Au départ je croyais y voir une librairie de village ou de petit bourg. Mais rien n'est moins sûr. Que nous montre la devanture de ce magasin ? Des oeuvres imprimées sur papier, c'est certain. Gravures ? faire-part de naissance ou autre ? Journaux ? Revues ? Livres ? Boîtes en carton décorées illustrées ? A vrai dire j'ai bien du mal à me faire une idée, même en ayant scanné à 600 dpi après éreintement complet de mon PC préféré pourtant assez doué dans le traitement d'images (coquines il est vrai la plupart du temps).


Photographie ancienne contrecollée sur carton support de présentation décoré.



Détail

Donc, le mieux est de vous laisser juge et parti. A vous de jouer les Sherlock Holmes !

Ah si, j'oubliais, au dos, un tampon : Louis RYCKMAN Photographe - 59, rue de Paris - Houilles (Seine & Oise).

Alors ? ça vous parle ?

Bonne soirée,
Bertrand Bibliomane moderne



17 commentaires:

calamar a dit…

sous la main qui tient la poignée, on reconnait "amour étrusque" de Rosny Aîné :
http://inactuelles.over-blog.com/article-j-h-rosny-aine-musique-et-verite-55885856.html

calamar a dit…

au dessus de son bras : "la femme en noir" d'Arthur Bernède, 1917, série "les romans-cinéma", la Renaissance du Livre. Série Judex.
Enfin je pense...

Anonyme a dit…

ah ?
je pensais qu'ils vendaient les enfants ;-)

Anonyme a dit…

Les livres ainsi exposés me rappelent la scène suivante de "Du coté de chez Swann":
"Car, même si je l’avais acheté à Combray, en l’apercevant devant l’épicerie Borange, trop distante de la maison pour que Françoise pût s’y fournir comme chez Camus, mais mieux achalandée comme papeterie et librairie, retenu par des ficelles dans la mosaïque des brochures et des livraisons qui revêtaient les deux vantaux de sa porte plus mystérieuse, plus semée de pensées qu’une porte de cathédrale."

benoit de bruges

Léo Mabmacien a dit…

Très intéressante photo : on peut remarquer pendues à un fil plusieurs images et historiettes.Des éphémères que lorgnaient avec envie les enfants à l'époque... Merci Bertrand

Anonyme a dit…

un portrait d'Abd-el-Kader sur un volume au dessus de la petite fille, c'est une librairie...
Dominique P.

Textor a dit…

"...plus semée de pensées qu’une porte de cathédrale."

Les bouquinistes de mon enfance sur le quai Malaquais attachaient ainsi les illustrés avec des pinces à linge sur une ficelles...

Anonyme a dit…

J'ai adoré le commentaire de M. Anonyme!
Merci!
Vincent

Anonyme a dit…

(sur les enfants)
V.

Anonyme a dit…

Très beau témoignage.

En vrac:

Il me semble voir des porte-plumes et des boîtes de plumes dans la devanture (les fameuses, avec les batailles ?). Peut-être du papier à lettres aussi. Il y a de la papeterie dans l’air.

Pas plus perspicace que Calamar sur les ouvrages, si ce n’est qu’ « Amour Etrusque » est dans l’édition « La Renaissance du Livre », collection in extenso, illustrations de Gerda Wegener (Ed. Mignot, pas de date, mais vers 1916). Pour « La femme en noir », est-ce vraiment la collection « Judex » ? Pas si sûr, cela ne ressemble pas vraiment.

Le photographe Louis Ryckman a ouvert boutique en 1908, au 59 de la rue de Paris à Houilles. « Spécialité de Groupe de Noces et Portraits d’Enfants », et « opère la nuit par de nouveaux procédés » !
http://houilles.org/images/site78800/ryckman-a.jpg

Le scoop: vous voulez voir un portrait du photographe ? Regardez bien dans la vitrine, et vous verrez son reflet bienveillant (au centre, entre les cartes postales 4 et 5 en partant de la gauche). Il sourit alors que les trois enfants le regardent fixement.

Merci Bertrand pour ce divertissement du dimanche matin.

Supion

Textor a dit…

Je n'y connais rien en matière de costume de libraire mais celui-ci me parait avoir un drôle de chapeau...

Anonyme a dit…

Question « chapeau », j’opterais pour un calot de poilu de la grande guerre. Un seul homme pour cinq femmes et enfants, des visages graves : c’est la guerre, ou ses séquelles, non ?

Retour sur « La femme en noir » : probablement l’œuvre de Jules de Gastyne (1847-1920), journaliste et écrivain français, auteur de romans-feuilletons (quelques titres qui en disent long : “Premières caresses”, ”Le Spectre blanc”, ”Cœur torturé”, ”Flétrie !”, ”Séquestrée”, etc …). La collection serait celle des « Maîtres du roman populaire », chez Fayard, n°1 le 15 février 1914, celui-ci le n°45 du 15 juin 1916. La collection comporte des centaines de numéros (http://litteraturepopulaire.winnerbb.net/t92p20-collection-les-maitres-du-roman-populaire-fayard). Une édition précoce de cette femme en noir (1891) chez l’incontournable E. Dentu.

Anecdotique : le n°392 s’intitule « Train de nuit », d’un certain Christian Brulls. Ca vous dit quelque chose, Sherlock Holmes en herbe ? Euh, non, j’veux dire commissaire ? Maigret, quoi ! Eh oui, c’est un proto-Maigret :

« Fayard ne déroule […] pas le tapis rouge à celui qui sera bientôt l'un des commissaires les plus célèbres du monde. Accepté par contrat le 30 septembre 1929 par Fayard, « Train de nuit », n'a droit qu'aux « Maîtres du roman populaire », une collection bas de gamme comme en témoigne la présentation : un grand et mince fascicule, au texte imprimé sur deux colonnes pour économiser le papier, que les marchands de journaux suspendent par une épingle à linge. Dans cette aventure, le nom du commissaire n'est pas mentionné avant le premier tiers du fascicule : encore est-il seulement cité dans un article du quotidien, « Le Petit Marseillais ». Il faut attendre les trois derniers chapitres (sur les vingt que compte le roman) pour que Maigret intervienne, et naisse enfin ! »

(Site de “L'Association des amis de Jacques Rivière et d'Alain-Fournier”, rubrique Simenon).

Bon, là on s’éloigne. Le photographe Louis Ryckman semble être une « figure » chez les Ovillois. On peut se procurer pour quelques euros bien placés des photographies (couples, enfants, sport), publicités, cartes postales (bars, hôtels, restaurants, inondation de la Seine de 1910), vieux papiers venant de son « studio ». Le tout daté de 1910 jusqu’à la seconde guerre environ. Le plus souvent, les photographies sont celles des environs de Houilles (Carrières-sur-Seine, Saint-Germain-En-Laye) … mais pas uniquement, ce serait trop simple. Meulière et briques, si c’est bien cela qu’on voit sur la photo, ça peut être l’Ile-de-France.

Supion.

calamar a dit…

j'avais bien vu que "amour étrusque n'était pas dans l'édition illusrrée sur la page dont je donnais le lien. Et pour l'autre, c'était une pure conjecture de ma part, à partir du site litteraturepopulaire, qui est une mine fantastique, mais dans ce cas précis ne donne pas d'exemple de couverture. Même le meilleur site n'est pas parfait !
bravo Supion !

Anonyme a dit…

hello,

je viens trouver un peu de calme ici
ça tape fort à coté, chez Hugues

Yohann

Anonyme a dit…

@Yohann

Conseil de vieux: laissez tomber l'autre côté pour ce soir. Une bonne nuit là-dessus, un coup d'éponge, et c'est reparti sur de bonnes bases.

Supion

Anonyme a dit…

@supion : je suis votre conseil ;-)


a bientot,

Yohann

Bertrand Hugonnard-Roche a dit…

Merci à tous pour vos excellentes recherches et déductions, je pense que cette photo finira par livrer sa vérité... un peu de patience et nou saurons !

Bonne soirée,

PS : j'aime quand ce blog prend ce côté participatif intelligent. Merci à vous.

B.

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