mercredi 23 mai 2012

Les reliures-objets de Daniel Knoderer exposées à la Médiathèque Jacques Prévert à Montbard (21). Entre Art et Littérature ...


Le mercredi est le jour des enfants ! Ce matin le programme était chargé. Pourtant le timing serré m'a permis en fin de course (c'est le cas de le dire) de passer voir l'exposition de reliures Daniel Knoderer à la Médiathèque Jacques Prévert à Montbard, tout près de chez moi. Patrie du grand Buffon, ville du TGV (qui me permet d'être à Drouot en tout juste un peu plus d'une heure), ville d'art et d'histoire comme on aime dire en France en général. Concernant l'histoire c'est certain que Buffon, avec son cabinet de travail dans la tour de son château et les Forges qui sont toutes proches (village qui porte le nom même de Buffon), concernant l'art, j'ai envie de dire que la ville fait ce qu'elle peut, qu'elle se démène pour animer ses rues et ses habitants d'un goût éclectique pour l'art dans tous les genres. Et ce n'est déjà pas si mal pour une petite bourgade de moins de 6.000 habitants. J'ai donc poussé les portes de la Médiathèque et, tout de suite à l'entrée, à droite, on pouvait voir des éclatements multicolores, des formes ahurissantes, et pour celui ou celle qui savait regarder, des livres ...


Qui est Daniel Knoderer ? Un artiste lui a été consacré dans l'excellente revue Art & Métiers du Livre (n°250 - octobre/novembre 2005). Je vous invite à le lire. La librairie Privat-L'art de voir présentait alors "une rétrospective des œuvres de Daniel Knoderer. Une sélection d'une soixantaine de reliures, réalisées entre 1977 à 2005, offre l'occasion de découvrir le travail de ce relieur longtemps marginalisé à la fois par le milieu et les collectionneurs."


"De formation très classique, Knoderer réalise d'abord des reliures « jansénistes » d'un grand dépouillement. Puis, dès 1977, il libère son imaginaire au profit d'un décor fantastique qui déborde le livre, le phagocyte. L'objet seul compte, oubliant le texte qui parfois ne peut être lu. Surgissent alors des assemblages/sculptures, mosaïques de matériaux étranges, hétéroclites, tirés de la vie quotidienne : lame de rasoir, morceaux de transistor, fils électriques, le tout, animé. Des livres que l'on doit voir de tous côtés, tuant à jamais la notion de bibliothèque." (Le Point - Publié le 02/03/1996).


L'atelier dans lequel travaille Daniel Knoderer n'est pas très éloigné de Montbard, à Molesme pour être exact. "Il crée des pièces uniques, expérimentales, à la fois sculpturales, picturales et musicales, à travers lesquelles s’exprime l’esprit inventif et fantasque de leur auteur. Ces livres aux formes inédites invitent au voyage et préparent à la lecture. Créateur de ces reliures originales qui sont de véritables œuvres d’art, Daniel Knoderer utilise tous les matériaux dont il dispose, les plus usuels qu’il détourne de leur fonction initiale et qu’il transforme au gré de sa volonté et de son imagination." (Le Bien Public - 17 mai 2012).

La revue de presse étant faite, le mieux est de se faire son idée par soi-même, de visu si possible. Que retient-on de prime abord de ces reliures fantasques ? La forme : Knoderer n'a aucune limite. Les plats des volumes peuvent tout à fait déborder, s'arrondir, devenir pointus, prendre du volume, rien ne l'arrête. La couleur : Knoderer utilise des couleurs vives, criardes, presque toujours mélangées pour faire comme aboutir à une explosion multicolore sans limite, encore une fois. Le livre : absent, très absent. Je serais bien en peine de vous dire le titre d'un seul des ouvrages sur lesquels étaient posés ses reliures explosives. Le livre, le contenu, le texte est littéralement balayé par l'enveloppe décorative. La présentation : les reliures sont parfois présentées à plat, ou debout, à vrai dire cela dépend de ce qu'il est possible de faire avec telle ou telle, car pratiquement aucun des volumes que j'ai pu voir n'a la forme traditionnelle d'un livre qu'on peut ranger dans une bibliothèque, que ce soit debout ou même à plat.


Alors ? Qu'ai-je vu ? Des livres ? Des livres-objets ? Des objets ? Des oeuvres d'art ? A vrai dire je préfère vous laisser répondre à cette épineuse question.


Je ne suis pas très connaisseur en matière d'art moderne. Je ne suis pas très amateur non plus. Pendant que je regardais cette exposition déroutante je ne pouvais m'empêcher de penser au fameux monochrome de Whiteman ou à ce mobile de Kundelitch, vous voyez ? Il y a quelques chose qui me gêne par dessus tout en matière d'art, c'est lorsque j'ai (en tant qu'observateur) la désagréable sensation que l'artiste s'est méchamment foutu de ma gueule (je ne trouve pas d'autre expression adéquate). Est-ce ici le cas ? Possible, ou pas. Quelqu'un m'a dit un jour qu'en matière d'art (et notamment d'art moderne) il fallait avoir constamment deux choses à l'esprit : la première étant que pour devenir un artiste reconnu, adulé, coté (disons le mot), il faut (et c'est impératif) "avoir le premier une idée complètement nouvelle et l'exploiter pour en faire une image récurrente" (par exemple les compressions de César, Bernard Venet avec ses sculptures d'acier rouillé gigantesques, etc). Bref, faire autrement, faire nouveau, imposer sa marque de fabrique. A vrai dire peu importe le sens, l'idée ou bien la beauté des choses : il faut faire sensation ! Et inutile de venir à la suite d'un César et de proposer d'autres compressions... c'est fini ! Inutile de vouloir faire du Knoderer après Knoderer, c'est fini ! Ainsi cela peut vous paraître difficile de devenir artiste et d'avoir une grande notoriété, mais en fait pas tant que cela. Il vous suffit de réfléchir un peu à ce qui n'a encore jamais été fait (repousser les limites de l'art - on assiste bien à cela) et vous y tenir. A vous de jouer !


Certains diront qu'ils voient bien où je veux en venir et que je suis un goujat inculte. Et ils auront probablement raison. Malgré tout, en ce qui concerne le livre, je reste attaché aux éléments suivants : un livre doit inviter à la lecture, pouvoir se tenir en mains d'une manière agréable et pratique, pouvoir se ranger et se prendre facilement sur les rayons d'une bibliothèque. Oui je sais, ça sent son vieux réactionnaire du centre, mais que voulez-vous, je suis encore de cette ancienne école qui pense que les livres sont avant tout fait pour être lus.



Qu'en pensez-vous ?

Je joins à cet article quelques unes des créations de Daniel Knoderer exposées et que j'ai pu voir ce matin.

Note : pour information, une reliure de Knoderer n'a pas trouvé preneur à la dernière vente ALDE du 15 mai 2012 à Paris. Voici le descriptif et la photographie de l'oeuvre. Estimation 10.000 / 12.000 euros.





KNODERER (Daniel).
Le Déluge. Reliure-sculpture d'environ 60 x 55 x 35 cm, composée de plaques modelées en plastique peint à l'acrylique de couleur rouge, bleue, jaune, et assemblées au moyen de boulons et d'écrous, entourant une structure en papier aluminium, ménageant une boîte fermée par un couvercle contenant un livre broché (Knoderer 1985).

Bourdois, Reliures d'art. Knoderer - 150 reliures, Bibliothèque historique de la ville de Paris, 1993. Importante sculpture accompagnée de 10 dessins-collages originaux de DanielKnoderer numérotés et paraphés par lui.
Au cœur de la sculpture, le sculpteur-relieur a disposé une boîte fermée contenant l'ouvrage et les dessins. Reliure réalisée pour : J. M. G. Le CLÉZIO.
Le Déluge.
Paris, Gallimard, 1966.
In-8, broché, sous couverture imprimée.
Édition originale.
Un des 85 exemplaires numérotés sur vélin pur fil Lafuma-Navarre, second papier.
Il a été signé et daté par le relieur sous la justification du tirage. Daniel Knoderer est l'un des relieurs contemporains les plus avant-gardistes, qui tire son inspiration des textes eux-mêmes : Toute l'atmosphère qui se dégage d'un livre s'impose à moi et je tente de la restituer à travers mes créations. ÉBLOUISSANTE COMPOSITION DE DANIEL KNODERER, REPOUSSANT LES LIMITES ENTRE SCULPTURE ET RELIURE DANS UNE VOLONTÉ D'INSÉRER SYMBOLIQUEMENT LE LIVRE AU CŒUR DE LA CRÉATION CONTEMPORAINE. Provenance : exposition « Cest Vrai », galerie Denis Bosselet, 1985. Quelques éléments détachés sont joints.

Bonne journée,
Bertrand Bibliomane moderne

Du  09/05/2012  au  09/06/2012 - 21500 Montbard 
DANIEL KNODERER : A REBROUSSE-POIL
du mercredi 9 mai au samedi 9 juin 2012 aux horaires d'ouverture de la bibliothèque et les samedis de 10h à 18h - fermeture le samedi 26 mai
Bibliothèque Jacques Prévert - Montbard
Totalement à rebrousse-poil dans son domaine, Daniel KNODERER, artiste-relieur, s'expose à la bibliothèque Jacques Prévert. Indomptable, baroque, inventif, jubilatoire sont des qualificatifs qui conviennent pour caractériser son art. Relieur, sculpteur mais aussi musicien, il est curieux par définition.
Tout public
Renseignements : 03 80 92 27 32

33 commentaires:

Anonyme a dit…

Super! déjanté comme j'aime, de temps en temps!
Bien à vous,
Sandrine.

sebV a dit…

En art, tout a été dit depuis la fontaine de Duchamp. Il ne reste donc que la manière de le dire et du coup c'est la recherche du média qui est intéressant.
Ici le livre, mais doit on dire que Knoderer est relieur ? Il faudrait alors dire que César est ferrailleur ?
Si l'objet a perdu sa fonction alors il ne s'agit plus d'artisanat mais d'art et donc on ne peut pas lui opposer que le livre n'est plus lisible !
Bon halte au discours arty-farty-prout-prout pour dire que ça me laisse de marbre mais pourquoi pas ? :)

Bertrand Hugonnard-Roche a dit…

Le problème si vous voulez Sandrine, (mais cela n'engage que moi), c'est que si la reliure en elle-même était techniquement bien exécutée, à la limite pourquoi pas, mais niveau technique, on est loin de la perfection à mon goût.

B.

Anonyme a dit…

Bonsoir Bertrand,

Certaines de ces reliures ont été exposées à plusieurs reprises, malmenées. Pour que la BHVP face une expo, c'est qu'en général, il y avait matière à.
Après, on sait que les contraintes des matèriaux sont tels, que M. Knoderer s'en est rajouté beaucoup.
Cela dit, je reste assez d'accord avec vous sur le fait qu'on aime ou pas. C'est comme un gâteau au chocolat avec des mandes dedans : Pour les amateurs de livres anciens, Knoderer est un OVNI.
Il reste cependant le seul à avoir poussé la limite de la définition du livre-objet à son extrême, vers la sculpture. De mon point de vue d'artiste coloriste, je peux vous dire aussi qu'il a un sacré oeil de coloriste.
Mais ce n'est, également, que mon avis.
:-D

Bien à vous,
Bonne soirée,
Sandrine.

Bertrand Hugonnard-Roche a dit…

Quant à l'oeil de coloriste, ma fille de 6 ans en a un aussi, qui n'a rien à lui envier ! ;-)

B.

Anonyme a dit…

oui, c'est assez vrai les artistes et les enfants ont encore accés à leur cerveau droit et savent assez facilement basculer du droit vers le gauche.
S.

Le Bibliophile Rhemus a dit…

J'avais perdu de vue Kno : je le croyais toujours à Montpellier !
Depuis quand est-il à Molesme ?
Raison supplémentaire pour faire un tour en Bourgogne : Molesme, après Alise ...y-a-t-il toujours un restaurant gastronomique devant la gare de Montbard, où j'ai bu en 1968, le plus merveilleux Pommard rencontré dans ma vie ?

Bertrand Hugonnard-Roche a dit…

J'ai bien mieux que l'hotel de la gare Jean-Paul ! Et pour le meilleur Pommard de ta vie ... il est encore dans ma cave ! (il t'attend).

B.

Bertrand Hugonnard-Roche a dit…

"“On peut faire avaler n’importe quoi aux gens“. Harouel entame son étude par cette sentence du grand prêtre Marcel Duchamp. Il démontre comment l’art moderne a été une guerre sans merci menée contre l’usurpateur du réel, la photographie, puis l’art contemporain un combat féroce contre le réel lui même, l’art figuratif, pour le discréditer, l’éliminer du marché. et s’imposer exclusivement. En somme une révolution suivie d’une épuration.

Harouel plaque une définition plutôt radicale de l’art : la reproduction et transfiguration du réel par le seul miracle de l’œil et de la main. Kandinsky décrète l’absence totale de limites, soit, mais qui décide qu’une roue de bicyclette plantée sur un tabouret de cuisine est de l’art ? Pourquoi pas une ramette de papier A4 ou un rouleau de scotch?"

Je vous invite à lire ce livre : La grande falsification : L'art contemporain de Jean-Louis Harouel.

B.

sebV a dit…

Le hasard fait bien les choses , je reçois aujourd'hui le livre des livres dans lequel est reproduite une reliure de knoderer.


Bertrand il faut bien comprendre que Duchamp arrive après des décennies de recherche picturale. L'arrivée de la photo au milieu du XIXème est une bombe chez les peintres. Pourquoi peindre le réel alors qu'une photo sera toujours plus précise ? Soit on arrête de peindre soit on cherche autre chose. C'est ce que feront les impressionistes qui commenceront la déconstruction de la représentation que continuera plus tard Picasso.
Donc au début du XXème l'art tourne autour de cette question représentation?trahison du réel ? Transcendance du réel? (cf. Magritte "ceci n'est pas une pipe"). Duchamp casse tout et sort la représentation de l'équation. Avec ses ready-made il dit pourquoi je chercherai à tourner autour de la réalité alors que je peux directement vous proposer un morceau du réel? Donc l'oeuvre n'est plus l'objet mais l'idée de l'objet. Donc oui tout peut être art même un rouleau de scotch si l'artiste le décrête, est ce que ça a de l'intérêt ? Non parce que Duchamp nous à déjà fait le coup y a presque 100 ans...

Bertrand Hugonnard-Roche a dit…

Merci de ces éclaircissements SebV, je ne suis pas expert en la matière, je ne donne que mon ressenti "gens moyen".

Pour ce qui est du livre, je m'en tiens à mon idée qu'un livre doit être lu, tenir debout ou pouvoir se poser à plat, prendre place dans une bibliothèque. Ça peut paraître rétrograde mais bon...

B.

Textor a dit…

J'espère que ce Monsieur a été condamné pour insulte à la bibliophilie !

Textor Grincheux

Bertrand Hugonnard-Roche a dit…

Ne soyons pas sectaires Textor ! Moi j'aime bien aussi ce qui me surprend dans la vie ! Ces reliures me surprennent je l'avoue. Tout comme celles de Jean de Gonnet en Revorim (matériau qui sert à faire les tableaux de bord de voitures).

La question est : peut-on encore parler du livre ou le livre est-il, dans ce cas précis, relégué au simple arrière-plan, comme une sorte de support à la création.

Je pense que M. Knoderer pourrait faire le même travail avec des tasses ou des assiettes.

Mais peut-être pas... car finalement le livre reste support de la pensée. Et c'est peut-être cela qui inspire M. Knoderer.

Evidemment s'il pouvait s'exprimer ici et nous donner son "point de vue des choses", cela serait une chose merveilleuse.

B.

Textor a dit…

Voilà, bonne idée, qu'il s'en prenne aux tasses et aux assiettes mais qu'il laisse les livres innocents qui ne lui ont rien fait! ...

Daniel a dit…

Comme en musique , dans tout art il faut pousser les extrêmes pour revenir à plus sobre mais en ayant fait avancer une idée, une conception. John Coltrane a joué et écrit des choses sublimes, il a fait également de l'extra freejazz quasiment inaudible, mais depuis Coltrane on ne peut plus jouer de saxophone comme avant Coltrane... Knoderer a fait de très belles reliures avec des débordements du format du livre mais assez sobre ou le livre peut être lu tient debout et est magnifié, il a peut être poussé à l'excès sa logique artistique, mais nul doute que cela fait avancer la reliure et il est probable qu'il y aura en reliure, un avant et un après Knoderer. En art comme ailleurs rare sont les évolutions ou révolutions sans excès,il en reste toujours une évolution positive pour le futur.Les maîtres du XIXe ont fait des reliures magnifiques mais également des reliures bien trop chargées en décor et inaudible, si l'on peut entendre une reliure.

Daniel B.

Textor a dit…

La simplicité est la complexité résolue, disait Brancusi !

Lauverjat a dit…

A rebrousse-poil certes mais pas du tout jubilatoire! Le travail de monsieur Knoderer. est peut-être de "l'art-contemporain", peut-être du commerce, peut-être y trouve t-il son accomplissement, tant mieux. En matière de livres et de bibliophilie, pour moi, il est hors sujet. (ce n'est pas le cas de Jean de Gonet). Quant à être exposé dans une bibliothèque je m'inquiète, jusqu'à présent voilà un endroit où on y croisait encore des gens sachant lire.
Désolé Sandrine, la BHVP (que j'aime beaucoup cependant) a aussi présenté il y a quelques années des reliures contemporaines au corps d'ouvrage indigent.

Lauverjat grognon.

Anonyme a dit…

Bonjour lauverjat,
Pour moi la BHVP, c'est une référence, maintenant c'est vrai que la dernière expo que j'ai vu, il y avait des reliures amateurs mélangées avec des reliures de professionnels et franchement, parfois, on se demandait qui était les pro et qui était les amateurs. Ce n'était pas systématique mais bon.
De mémoire, cela devait être dans les années 2000, un concours italien avec le livre de M. Devauchelle, la rliure réalisé en espéce de broderie ... très laid, qui a servi d'affiche, il me semble, le tout plebiscité par AML ... A lors c'est vrai, la reliure n'est plus ce qu'elle était et à force de vouloir toujoursêtre plus-plus-plus ... On s'autodétruit.
l'art du 20ème c'est un peu l'auberge espagnole. Il faudrait lire le livre de Gombrich, histoire de l'Art, une référence très érudite mais comme tous les grands très accéssible à tout le monde. Ainsi que Dora vallier, l'Art abstrai avec les trois maîtres qui ont démarré le truc : Kandinsky, première aquarelle abstaire en 1910, Mondrian 1914, Malévitch, presque en même temps.

Très accéssible aussi. Sinon, çà me gave et je ne lis pas. c'est çà l'intelligence: une personne érudite qui vous donne l'impression que vous l'étes plus qu'elle alors que la profondeur de votre ignorance est sans fond.
Mais tout s'arrange ... j'ai commencé à lire à 16 ans bloquée par des adultes bornés.

Bonne journée à tous,
Bien à vous,
Sandrine.

sandrine a dit…

Je vous prie d'excuser mes fautes d'orthographe. Mes lunettes ne sont plus adaptées à ma vue et je ne vois pas les lettres du clavier ... Non, c'est une blague! message tapé trop vite.
Bonne journée, Bertrand.
S.

Renaud a dit…

Qu'il s'attaque aux seconds papiers de Le Clezio... mais qu'il laisse tranquille les Hollande !

Daniel a dit…

J'ai retrouvé la belle reliure à laquelle je pensais hier soir. C'est celle qui est reproduite dans le livre du Docteur Fontaine "l'aventure du livre" p165. Elle me semble remarquable, elle recouvre le laboratoire central de Max Jacob, le dos parait de très belle facture, digne de l’élève de l'école Estienne qu'est Knoderer c'est à celle là que je pensais, quand je disais reliure traditionnelle et sans excès je la trouve magnifique...mais nous savions déjà que Mr Fontaine était un homme de gout et un grand bibliophile... l’iconographie de son livre avait été bien choisie.

Daniel B.

Bertrand Hugonnard-Roche a dit…

J'ai vu cette reliure en effet présente dans le livre de Jean-Paul, qui avait, je suppose, voulu montrer un large ensemble de tout ce qui avait été fait de plus caractéristique au cours des siècles. C'est tout à son honneur. Maintenant la flatterie et la bibliophilie, même si c'est de bon ton le plus souvent, c'est un peu comme assaisonner les harengs saur avec du miel (sourire).

B.

Daniel a dit…

Ok pour le pan sur le bec sur la flatterie, pourtant je suis sincère sur mon ressenti de cette reliure ce dos inspire confiance et je trouve cette reliure bien faite, elle est probablement plus proche d'une reliure traditionnelle tout en étant novatrice, que celles présentées à l'expo de Montbard ?

Daniel B.

Daniel a dit…

Et en plus pour la flatterie je ne vie pas au dépend de celui qui l'écoute ! J'ai acheté l'aventure du livre bien avant que ce (s) blog(s) n’existe(s) et j'ai payé mon cazin :)

Bertrand Hugonnard-Roche a dit…

Mon commentaire n'avait pour but de vous piquer au vif Daniel ! Moi aussi j'ai payé mon Cazin ! Et du tirage de grand luxe en plus ! (sourire) et je l'attends encore (ça c'est pour Jean-Paul ! faut bien lui mettre un petit coup de stress in extremis non).

Blague à part, inutile de se battre sur les questions de goût en matière d'art, moderne ou pas, beau ou pas, cher ou pas, etc. Moi, j'aime ou j'aime pas. Knoderer, j'aime pas, pas plus que Gonet (belle fumisterie), pas plus que plein d'autres qui prennent les gens pour des gogos. Après, libre aux autres de penser tout l'inverse. C'est ça qui est drôle.

Si tous le monde appréciait les reliures mosaïquées de Charles Meunier ou ses cuirs incisés, ce serait triste.

B.

Renaud a dit…

Pour ma part, j'aime assez ce que j'ai vu réalisé par Jean de Gonet. J'ai notamment en tête un exemplaire de Eden Eden Eden de Guyotat vu cette année au Grand Palais... Il arrive assez bien à éviter le piège de la reliure objet. On reste proche du livre... Ce que j'aime peut être le moins chez lui c'est le travail de dorure parfois un peu daté.

Bertrand Hugonnard-Roche a dit…

Tout à fait d'accord Renaud pour dire que Jean de Gonet respecte le livre et a donné un "genre nouveau" mais question finitions, dorures (ou palladium) ou autre décor, on ne peut pas dire que ce soit du corps d'ouvrage digne d'un très grand relieur. De même quand on sait qu'il a proposé des reliures signées de son nom sur de petites séries comme par exemple le tirage de tête des Fastes de Bacchus et de Comus de Gérard Oberlé (catalogue). On est dans la reliure d'art industrielle, ni plus ni moins que du Lenègre ou du Engel à la fin du XIXe s.

B.

Anonyme a dit…

Bonsoir,
C'est tout le problème de la qualité et de la fabrication des livres à la fin du 20ème.
La reliure devrait, en effet, être réalisée sur des tirages quasi limités à 10 exemplaires, sur des livres d'artistes avec gravures et typo ... etc, etc, avec Un Texte.
Pourtant les réalités économiques d'un artisan même d'Art, même faisant parti du sérail très fermé parisien, sont tout autre et ils font aussi du très courant et des cours avec des gens et des expos débiles.
Toute la dificulté de mon apprentissage a été de démystifier La Reliure D' Art avec un grand A.
Je crois que c'est une histoire de rencontre et d'être là avec les bonnes personnes, du moins si on veut se faire un nom. Et encore faut-il avoir les dents longues parce que tout le monde ne part pas au même niveau financier.
Après le temps, le talent et surtout l'acharnement au travail, l'exigence, vous amène une satisfaction personnelle qui vous fait dépasser ces conneries.

ce sont de plus des métiers tellement difficile que l'état mental dans lequel vous étes jour beaucoup sur la qualité et on sait que le stress modifie la vue, la précision et l'habileté des mains ... Plus simplement la fatigue que tout le monde sait.

Un peu d'indulgence ne fait pas de mal.

Bonne soirée,
Bien à vous,
Sandrine

Pierre a dit…

C'est manifestement de l'art mais je ne suis pas certain que ce soit de la reliure. Pierre

Le Bibliophile Rhemus a dit…

Kno ne sort pas de l'Ecole Estienne : il a fait son apprentissage dans l'atelier familial, obtenu son CAP de reliure en 1966 et suivi des cours de dorure avec Jules Fache, de 1966à 1968.
Il a exercé chez les autres avant de s'installer à son compte dans le midi de la France.
C'est à partir de 1977 que l'artisan s'est effacé devant le créateur.
Ses reliures-sculptures n'ont effectivement pas leur place sur les rayons d'une biblothèque : le livre ne tient pas debout, et comme s'il fallait en apporter la preuve, Kno a muni d'une béquille en plastique la reliure de "Cuevas Blues", de Mandiargues, réalisée dans les années 1990.
Ses reliures-sculptures sont faites pour être regardées de tous les côtés.

"Il faut souffler sur quelques lueurs pour faire de la bonne lumière" (René Char)

Anonyme a dit…

Qui se rappelle encore que Jules Fache a fait un livre sur la dorure?
Bien à vous,
Sandrine.

Daniel a dit…

Je n'avais fait que citer un livre que vous connaissez bien et ou il se trouve cette belle reliure reproduite, mais n'ai pas vérifier p164 "fils de relieur et ancien élève de l'école Estienne, il a perfectionné son art chez Jules Fache", quelle est la bonne version ? celle de l'écrivain ou celle du blogueur ?
Bien amicalement et avec humour

Daniel B.

Le Bibliophile Rhemus a dit…

Bien vu !Vous avez de bonnes lectures ...
Mais la version du blogueur est celle que Kno m'avait envoyée en 1995 ...
S'il nous lit, il corrigera si nécessaire.

LinkWithin

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...