jeudi 29 mars 2012

Les vingt plus jolies femmes de Paris en 1870 selon Charles Diguet. Devinette biblio-iconographique collective et sans risque.








Voici ce qu'on peut appeler un joli petit ouvrage. Délicatement imprimé par Jouaust (achevé d'imprimer le 15 février 1870). Agréablement illustré par Martial (frontispice et portraits à l'eau-forte) et Morin (ornements gravés sur bois dans le texte). D'un format très pratique (in-8 - 24 x 16 cm). Et d'un intérêt tout à fait rétrospectif mais néanmoins avéré. Publié par un grand nom de l'édition du moment : La Librairie Internationale, 15 Boulevard Montmartre et A. Lacroix, Verboeckhoven & Cie, à Bruxelles, à Leipzig et à Livourne (les mêmes éditeurs que Victor Hugo à la même époque. Un tirage à petit nombre (400 ex.) sur beaux papiers (voir le justificatif ci-dessous), celui-ci un des exemplaires sur raisin vergé, exemplaires vendus 20 francs or à l'époque (quand on sait qu'un livre de l'époque de chez Hachette ou Plon était vendu entre 1 et 3,50 francs). Un beau livre donc, pas à la portée de toutes les bourses de l'époque. Un livre destiné à la bourgeoisie voire à l'aristocratie du Second Empire expirant.

Les jolies femmes de Paris par Charles Diguet. Tel est son titre prometteur. L'auteur, aussi bien habitué aux libres de "femmes" qu'aux livres de "chasses" (Charles Diguet a en effet donné plusieurs titres qui traite de la femina et aussi d'autres entièrement consacré à la chasse : Mes aventures de chasse - Tablettes d'un chasseur - Le livre du chasseur (le plus célèbre) - etc. Arrivait-il à Charles Diguet de confondre chasse au bois, chasse en plaine et chasse du petit gibier de quartier ? C'est tout à fait possible. Les similitudes entre les deux sports n'étant plus à démontrer. D'ailleurs son autre ouvrage Blondes et Brunes (1866) montre bien qu'il ne savait pas choisir. Il donna aussi Les Reines de beauté et les Reines du théâtre contemporain.

Qui était Charles Diguet ? Il serait né en 1836 et mort en 1909. On ne sait pas grand chose de lui si ce n'est qu'il est partout décrit comme un écrivain cynégétique. Les jolies petites femmes de Paris ne font pas le poids dans une bibliographie face à un sanglier ! A noter un autre ouvrage de Charles Diguet que nous avons sous les yeux et qui semble être passé presque inaperçu dans sa bibliographie légère : Amours parisiens (Paris, Dentu, 1873), joli petit volume in-18 illustré par H. Demare. Seul Vicaire en fait mention ainsi que la Bibliographie de la France pour l'année 1873 mais il semble bien difficile à localiser par ailleurs. Finalement nous ne savons presque rien de cet homme qui officia sur deux tableaux littéraires plutôt différents. Diguet n'a même pas les honneurs du Dictionnaires des auteurs contemporains de G. Vapereau (édition de 1880). Passons. Encore un illustre oublié à redécouvrir... ou pas.

Venons-en à ce qui nous amène ce soir. Un petit jeu concours pour biblio--gyné-iconophiles ! Il n'y a rien à gagner si ce n'est une belle neuron party entre vous et vous. A vos marques ! Prêts ? Partez !

Quel est selon vous, et surtout selon Charles Diguet, ce grand spécialiste des biches aux (a)bois et autres phacochères blessés, le palmarès des 20 plus jolies femmes de Paris en cette année 1870 ?

Le livre donne la réponse. Diguet énumère quelles sont pour lui les 20 plus belles femmes de Paris à la fin du Second Empire. Il n'allez pas croire que c'est un portrait flatté et distant qu'il nous donne à chaque fois. Non ! Ce sont à chaque fois mots doux et descriptions presque amoureuses de ces jolies femmes adorées. "Cette tête, petite, adorable, éclairée comme un demi-jour, a toutes les irrégularités charmantes d'une strophe amoureuse. Le front ouvert, le nez alangui, la bouche éloquente dans sa dépression souriante, le menton nuageux dans sa sensualité, chantent tous le mot amour dans une note diverse. La peau, satinée, a ces blancheurs chaudes des ibis, qui naissent blancs et qu'un soleil de pourpre finit, à force de lueurs vermeilles, par carminer." et pour une autre : "Regardez-la, cette toute jolie ! Les amours ont mis des ans à broyer des myriades de roses pour donner une teinte d'aurore à ce visage duveté comme une pêche qu'a baisée le soleil !" et encore pour une autre plus loin : "Un bouton de rose thé que n'a point encore teinté le soleil. Elle est pâle comme Ophélie au bord de la rivière. (...) Quelques veines, ténues comme des fils de la Vierge, sillonnent cette pâleur et lui donnent grand air. (...) La femme est toute entière dans cette chevelure étrange, unique peut-être à Paris." Diguet n'y allait pas avec le dos de la cuillère ! si j'ose dire. J'espère qu'il était en bon terme avec tous les maris parce que sinon... ça sent d'ici le grabuge à plein nez ! Aux quat'coins d'Paris qu'on l'aurait r'trouvé l'Diguet ! Un homme prudent sans doute... Il fallait mieux. On sait gré à Diguet de ne pas avoir osé tenter Les laides femmes de Paris ou panorama des femmes les plus moches de la capitale à cette époque. Ouf !

Alors voilà. A vous de jouer ! Mais attention ! Soyez réglo ! Vous n'avez pas le droit de regarder sur les moteurs de recherche du type Google ou Vialibri... sinon c'est de la triche. Donnez-nous, quelles sont, selon vous, ces 20 plus jolies femmes de la capitale en 1870.

Nous sommes toutes ouïes (dehors) !

PS : je ne sais pas si cela vous aidera mais j'ai placé dans cet articles quelques unes des figures gravées de ces jolies midinettes starifiées par Diguet himself. Qui sait ? Peut-être en reconnaîtrez-vous au moins une !

Bonne soirée,
Bertrand Bibliomane moderne

14 commentaires:

Textor a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Bertrand a dit…

Cher Textor, vous êtes plus rapide que l'éclair. Au beau milieu de la rédaction de l'article on line (au clavier... j'adore l'impro...), j'ai vu mon PC me dire bye bye, l'écran se couper et mon sang ne faire qu'un tour ! Damned ! Un coup du sort ! Ces histoire de femmes et de chasses au gros gibier m'auraient jouer un sale tour ! ... ni une ni deux... je redémarre la bête (l'ordinateur je veux dire) et hop... quelques 8 minutes plus tard (oui c'est un PC je sais... la prochaine fois j'achète un Mac...), Chrome redémarre tout seul et me demande si je veux récupérer mon travail en cours !!! Je veux mon n'veu oui ! Et hop... je n'avais rien perdu de mon texte enflammé (c'est comme ça quand je me mets à parler des phacochères...). Bref, tout est bien qui finit bien. J'ai embrassé mon PC !

Bonne soirée, et bon jeu !

B.

Pierre a dit…

Le XXeme siècle a du bon. Les 20 plus belles filles du XIXeme siècle ne m'auraient pas emballé ;-))

Par contre, l'ouvrage, oui ! Pierre

Textor a dit…

La Bibliophile, c'est du sérieux, il ne faut pas faire de commentaires à la légère, c'est donc après une recherche comparative de plusieurs heures que je peux répondre à Pierre, preuve à l'appui : C'est vrai, la gente féminine a beaucoup évolué ces 140 dernières années...
http://www.suchablog.com/top-10-des-plus-belles-femmes-selon-fhm

Textor a dit…

En ce qui concerne la dame de la dernière photo, je l'ai bien connue, elle s'appelait Ginette Reynold, le genre beauté pénétrante, des yeux de biche, un teint lumineux, une éloquence muette....

Bertrand a dit…

Belle sélection XXe Textor ! Certaines ont de bons arguments ! La plupart même ! Après tout est question de goût. Et puis je n'aime pas choisir ! :-)

PS : parfois on aimerait n'être qu'un simple lecteur MP3... (top 3)

B.

Librairie ancienne Florence Velk a dit…

A quand un billet sur les plus beaux phacochères du XIXeme ? :D

Textor a dit…

Non, Florence, cela ne serait pas possible, j’ai lu dans American Scientist que ce genre de test comparatif était interdit pour les phacochères. La SPA pourrait nous attaquer.

Textor

Anonyme a dit…

Ces femmes en questions ne serait-elles pas des semi-mondaines à la mode Hoffenbach ?
Je vois mal la duchesse de machin se laisser tirer le portrait de la sorte.
Ceci-dit, je ne rejoins pas Pierre, Pour avoir vu quelques portraits couleurs du XIX : je pense que les canons de la beauté du visage demeure les même, je vous invite à regarder le portrait de madame Rimsky-Korsakov à Orsay, (visible sur le web ), je la verrai très bien en prime time sur TF1.
;-)
Yohann d'ebibliophilie.com

Bertrand a dit…

Visiblement les bibliomanes (et les bibliophiles ne sont pas aussi joueur que j'aurais pensé... c'est un peu décevant je dois bien l'avouer).

Tout cette passivité derrière un écran commence à me lasser (il parait que c'est dans le caractère des gémeaux de se lasser de tout...).

Alors pour ceux qui n'auraient même pas cherché dans leur tête, voici la liste des 20 élues "jolies femmes de Paris" en 1870 par Charles Diguet :

Marie Roze
Agar
Sarah Bernhardt
Léonide Leblanc
Blanche Pierson
Sarolta
Angelo
Louise Ferraris
Marietta Sacca
Massin
Hilda
Latour
Rosine Bloch
Gabrielle de Cleurcy
Blanche d'Antigny
Odette Reynold
Alice Régnault
Augustine Déveria
Céline Montaland

oui vous avez bien compté... il n'y en a en fait que 19... La vingtième eau-forte étant le frontispice imprimé en sanguine (voir en tête de billet). Alors la vingtième plus jolie femme de Paris restera à jamais un secret dans le coeur défunt de Charles Diguet...

PS : la prochaine fois je vous demanderai de trouver les 20 plus fortes valeurs du CAC40 ... peut-être aurais-je plus de succès.

B.

calamar a dit…

euh... je ne risquais pas de trouver le tiercé... la seule que je connais est la troisième. La plupart des autres noms me sont complètement inconnus.

Textor a dit…

Normal Bertrand, votre lectorat est essentiellement composé d’abstentionnistes du premier tour !!
Ceci étant je vous ferais remarquer que j’avais trouvé une bonne réponse sur vingt ! hà !
T

Anonyme a dit…

Ah, la passivité du lectorat.
Tous les blogs en sont atteints.
Comme si le fait d'avoir ses commentaires gravés quelquepart changeait les choses.
Il n'y a que les C... qui ne changent pas d'avis, m'avait-on dit.
Un monde d'apparence qui fait echo au peu de caractére et de courage des futurs abtentionnistes en tout genre.
Vous comprenez celui, qui ne dit rien, ne risque pas de se mettre en defaut dans ce monde parfait.
Et à force de perfection, le genre humain devient chiant et se laisse dicter sa conduite.
Bien à vous,
Sandrine.

Bertrand Hugonnard-Roche a dit…

Chère Sandrine, merci de votre message qui résume assez bien la situation.

Bonne journée,

B.

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