samedi 6 octobre 2012

Des reliures en peau humaine.


Pour prolonger les articles d'Hugues (http://bibliophilie.blogspot.fr/2007/06/les-reliures-en-peau-brrr-humaine.html) et de Xavier (http://bibliophilie.blogspot.fr/2008/01/lidentification-des-cuirs-utiliss-en.html) voici quelques photos en gros plan d'une reliure en peau humaine.

On sait que la peau humaine ressemble à la peau de cochon. Seul un examen attentif du grain de la peau permet de les différencier. Le pore du porc est triangulaire, tandis que celui de l'humain forme un quadrilatère. Pour le porc, je vous ressort une photo caractéristique de mon article (http://le-bibliomane.blogspot.fr/2011/03/reliure-en-peau-humaine-ou-en-peau-de.html)


Reliure en peau de porc.

La forme triangulaire y est très reconnaissable. Pour la reliure en peau humaine, j'ai profité d'une exposition pour la vente d'un tel ouvrage pour prendre des gros plan avec mon reflex et zoom macro. Hélas, j'avais oublié ma batterie. Du coup ce sera des photos prises avec mon smartphone.


Reliure en peau humaine selon le descriptif de l'expert. (3 vues).





Je trouve que le grain y est moins caractéristique et s'il n'y avait eu une note dans l'ouvrage précisant que la reliure était en peau humaine (comme très souvent pour ces ouvrage reliés comme ici au XIXe siècle), je n'y aurai pas prêté plus d'attention que cela. Certainement une question de pilosité. Peut-être juste un peu bizarre cette reliure.

NDLR (j'ai cru utilise d'ajouter pour illustration la peau du dessus de la main gauche du Bibliomane himself.. je vous laisse juger de l’implantation des poils ;-)


Peau humaine (Bibliomane himself... bien vivant ! pas encore prêt à être relié pleine peau...)


Bonne journée,
Eric

21 commentaires:

Textor a dit…

Fin de la pause, chouette !

La peau du Bibliomane est nettement plus fine que celle de la reliure mise en vente, quelle partie du corps sert l'expérience ?

Textor

sebV a dit…

Reliure signée par avec M.X

Une différence au toucher ?

sebV a dit…

NB : Les balises pour barrer un mot ne fonctionnent pas

Eric a dit…

Merci pour la mise en ligne.
Il faudra que je manipule d'autres reliure en peau humaine pour avoir un avis pertinent. C'est aussi la raison pour laquelle j'ai été voir cet ouvrage. Pour le faire la main.

Comme je l'ai écris dans l'article, s'il n'y avait pas eu la note manuscrite dans l'ouvrage et l'indication de l'expert je n’aurai pas prêté une attention particulière à cette reliure.

Eric

Anonyme a dit…

Vous croyez que la peau d'un humain est différente de celle d'un animal? L'homme est un animal. Il y a quelque temps, j'aurais dit avec un petit supplément d'âme.

Aujourd'hui, je dirai qu'à partir du moment où il a vendu son âme pour quelques sous, mes livres ne sont pas dignes d'une telle couvrure. Il faut être sacrément blindé pour faire ça. je dirai même plus : Il faut avoir un péte-au-casque. Et pour en faire commerce et spéculer ... Encore plus.
Sans doute significatif de notre époque que de banaliser la barbarie et le non-sens.
Bien à vous.
Sandrine.

NB: Même pour tout l'or du monde vous ne me ferz pas relier un livre en peau humaine, même avec le consentement du propriétaire de la dite peau.
c'était d'ailleurs avec la peau des criminels executés ou quelques farfelus qui signaient leur accord. je ne parle même pas de ce qui se passa à Buchenwald, tellement ça me souléve le coeur.

Eric a dit…

La réalisation de reliure en peau humaine n'est pas de notre époque, mais plutôt du 19° siècle.
Certainement un rapport au livre et/ou de la mort qui a bien évolué.
Ensuite l'objet de cet article est bien de montrer que la peau d'un humain est effectivement différente de celle d'un autre animal, de même que la basane, le veau, le maroquin ou le chagrin présentent des grains différents.

C'est aussi en le sachant que l'on peut éviter de restaurer de telle reliures ;)

Olivier a dit…

Quel DRH ce Bertrand...
C'était où? Ça recouvrait quoi?

Moi je rêve d'une telle reliure pour une EO de la Peau de chagrin.

Bonne soirée,
Olivier

Pierre a dit…

J'aurais beau savoir qu'elle est du XVI, XVII, XVIII ou XIXeme siècle, une telle reliure me rebuterait. Comme si je cautionnais le principe en m'en portant acquéreur...

Décidément, j'ai toujours cette foutue manie de placer l'homme au dessus du commun des mortels ! Pierre

Textor a dit…

Je n'aimerais pas trop avoir ce genre de reliure dans la bibliothèque non plus. J'en discutais encore cet après midi avec le cochon du voisin, il pense comme moi.

Bertrand Hugonnard-Roche a dit…

L'autre jour j'écoutais une émission gauchisante sur France Inter (pléonasme me direz-vous - mais j'ai essayé Europe 1 et là c'est franchement pas possible) et j'entendais un Serial Killer spécialiste des plans sociaux dire que dans cette histoire, il n'était pas question de moralité, encore moins de bien ou de mal : "on fait notre boulot un point c'est tout. On est là pour licencier le plus proprement possible 1.000, 2.000 ou 5.000 personnes, point. Si en plus il fallait qu'on se préoccupe de savoir si l'un ou l'autre ne pourra pas donner à manger à ses enfants ou s'il devra vendre sa maison et passer par la cas huissier, on ne peut pas." Eh ben moi ça me fait pareil avec les reliures en peau humaine : si on commence à mettre de la morale là-dedans, hein, où va-t-on ? Quand on est relieur, on est relieur, et on relie ce qu'on nous demande de relier, point. Non ? Pas d'accord ? Ah bon ...

Alors peut-être qu'il faudrait aussi moraliser ces encornés spécialistes des plans sociaux et autres trouducs du même accabit, qui finalement, font plus la Peau aux humains vivants que n'en ferait un relieur utilisant une peau humaine de profundis.

Bon dimanche !

B.

Le Bibliophile Rhemus a dit…

ça c'est envoyé !
je concocte ma réponse...

sebV a dit…

J'avoue que j'ai aussi du mal à placer de la morale là dedans. L'insolite prend trop le dessus, ces reliures sont une curiosité au sens du cabinet de curiosités. Combien d'ailleurs de crâne et d'ossements dans ces cabinets ?
Intérêt "scientifique", Memento mori ou fascination morbide ? Sans doute un peu de tout ça, mais inutile d'aller convoquer Mengele pour gagner un point Godwin.
Ayant fréquenté étudiant des musées d'anatomie où l'on manipule ossements et organes plastinés, je peux admettre que je suis sans doute un peu désenbilisé.

Tanner de la peau humaine aujourd'hui ? Je n'ai pas forcément d'avis définitif mais pourquoi pas ! A condition que cela soit strictement encadré, un peu à la manière du don d'organe: accord explicite pré-mortem du donneur, et interdiction sévère de la marchandisation (sans doute le point le plus critique). On greffe bien des cristallins, mains, visages,qui sont des éléments de confort et non de survie ! (et parfois seulement avec l'accord tacite du donneur).

On pourrait tout aussi bien trouver totalement immoral, absurde, intolérable que la peau de l'être tant aimé, tant de fois caressé, soit destinée à pourrir en terre rongée par les vers.
Et Quel destin formidable pour la femme du bibliophile de rejoindre après sa mort, la bibliothèque qui aura tant accaparée son mari ! (adjoindre toutes les blagues scabreuses associées...)

seb, d'humeur légèrement polémique ;)

Le Bibliophile Rhemus a dit…

Réflexion faite, je n'ai rien à ajouter...il est vrai que j'ai deux crânes sur mon bureau ...

Olivier a dit…

@Pierre
"Décidément, j'ai toujours cette foutue manie de placer l'homme au dessus du commun des mortels"
Venant d'un ancien vétérinaire (si ma mémoire est bonne), on ne peut que s'incliner.
;-)
Bonne soirée,
Olivier

Anonyme a dit…

Bonsoir,
Un peu par hasard, je suis tombé sur ce forum et vu la photo de MON livre... en essayant de trouver via internet combien de reliures en peau humaine étaient connues.
Je suis donc l'heureux selon moi, abject selon d'autres, acquéreur de cet ouvrage, acquis au rez de chaussée de l'hôtel Drouot vendredi dernier.
C'est, avec un délicieux ouvrage sur les différentes sortes de pets, le seul de ma bibliothèque.
je ne suis donc pas un bibliophile mais amateur de curiosités, au même titre que je le suis de vanités.
Je l'ai depuis touché, senti, et je dois dire que sa présence est très forte dans l'espace où il se trouve, mais quelle réalisation ! quel hommage ! quel privilège que de pouvoir survivre au pourrissement et contenir pour l'éternité un ouvrage délicieux (Femmes de Verlaine)
Voila ma petite contribution d'acquéreur heureux-qui restera anonyme-mais pourra à la demande procurer des détails très précis attestant de sa bonne foi !

Anonyme a dit…

Il existe des reliures en peau humaine depuis toujours, et on ne sait pas si aujourd'hui il n'y en a pas. je pense que vous ne mesurez pas vos propos. Comme je travaille avec les peaux et m'interesse à tous les métiers qui me permettent d'exercer: tanneur, pareur, doreur,...
Nous ne voyons pas les choses de la même façon. parce que vous n'avez pas à travailler une telle peau: la caresser, la coller, la décorer en sachant dans quelle condition elle a été prélevée!
Une peau de femme torturée à Buchenwald pour relier un livre chéri. Ou un cadavre sur lequel on aura pratiquer des expériences pour faire avancer la science au 19ème sous pretexte que ce n'est pas humain: il était criminel. A cette époque, il est vrai qu'il avait vendu son âme au diable pour avoir pris la vie des autres.
C'est la conscience et l'histoire de ce qu'il y a dans l'histoire du livre qui est abordé ici. Un livre signé par Octave Uzanne ne representerait rien alors, si on suit le fait que les matériaux aussi bizarres ne sont rien. Ce ne sont que des encres et des formes communes à tous les individus que les autographes.
Bonne journée,
Bien à vous,
Sandrine.

Bertrand Hugonnard-Roche a dit…

Vous allez mieux à ce que je vois Sandrine !

Bonne journée,

B.

Bertrand Hugonnard-Roche a dit…

Si cette reliure recouvre une belle édition rare de Femmes de Verlaine, alors c'est un choix intéressant. On peut même suppposer qu'il s'agit d'une peau de femme. Peut-être même la femme aimée ? Moi j'imaginerais assez bien une reliure mosaïquée en peau de femme (pour les polygames exclusivement évidemment). Mais l'idée me plait bien.

Et quand je pense à toutes ces chèvres tuées au cours des XVIIe et XVIIIe siècle pour servir de parure aux missels et autres cucu la praline ecclésiastique aux armes de quelque rejeton dégénéré d'une branche caduque d'un arbre pourri ... ça me fait encore bien plus mal que cette jolie peau de femme choisie avec goût pour orner le cabinet d'un amateur amoureux transi.

Amen.

B.

Bertrand Hugonnard-Roche a dit…

J'ai oublié un S à femmeS.

(sourire)

B.

Anonyme a dit…

grrrr
:-))

Bonne journée.

Anonyme a dit…

Effectivement,
l'étiquette manuscrite en l'ouvrant indique "reliure en peau de femme"

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