samedi 23 juin 2012

L'étrange volume broché publié en 1904 à Paris par P.-V. Stock ! (suite et fin).


Pour faire suite et fin au billet d'hier qui vous demandait si vous connaissiez ce petit ouvrage publié en 1904 chez P.-V. Stock à Paris, voici l'intégralité de l'illustration de ce curieux volume. C'est un volume de format in-8 plutôt carré (19,5 x 14,5 cm). Je l'ai sous les yeux dans sa version brochée et je dois bien avouer que j'ai été contraint malgré moi de le couper ... car il était à l'état de neuf, non coupé, donc jamais lu. Il a été imprimé sur un beau papier vergé de type papier de Hollande.

Ce petit volume négligé des historiens du livre et des bibliographes, même s'il n'est pas inconnu, méritait, à mon sens, par la qualité de sa réalisation, une mention spéciale que le Bibliomane moderne est très heureux de lui donner. Orné de 12 dessins au trait imprimés en noir et reproduits certainement par photogravure (mais qui rend comme s'il s'agissait de bois gravés - ce qui reste une possibilité). Je vous laisse apprécier toute la force de ces dessins, qui, il est bon de le rappeler, ont été imprimés en 1904 !

Je vous offre ci-dessous la suite complète de ces dessins (présentés dans leur ordre d'apparition dans le volume).












Alors ? Voyez-vous désormais un peu mieux de quel ouvrage il peut bien s'agir ?

Je vous donnerai la réponse ce soir si personne ne trouve.

Bonne journée,
Bertrand Bibliomane moderne

9 commentaires:

Le Bibliophile Rhemus a dit…

On dirait l'Hypnerotomachia traité Art déco

calamar a dit…

aubrey Beardsley.

Le Bibliophile Rhemus a dit…

"Sous la colline" de Beardsley ?
C'est chez Floury en 1908

Anonyme a dit…

Des poèmes de Pierre Fons ("L'Heure amoureuse et funéraire") ? Une légèreté de Suzanne Chebroux ? Trouve pas ...

Bertrand Hugonnard-Roche a dit…

Merci à ceux qui ont fait l'effort de chercher et fait des propositions.

Il s'agissait en fait de :

Petites Choses. Paris, Stock, 1904. 1 vol. in-8 de 87 pages, 1 page de table et 1 page avec une vignette imprimée (portrait). Ce volume n'a été imprimé qu'à 300 exemplaires. Il n'y a pas de page de titre à proprement parler et l'auteur est anonyme. Ce volume joliment imprimé sur papier vergé crème est orné de 12 figures au trait imprimées en noir, certaines à pleine page, d'autre en cul-de-lampe.

Qui est l'auteur de cet ouvrage ? Qui est l'artiste illustrateur ?

Une seule et même personne : Pierre Lièvre, dont on trouve à la fin du volume l'autoportrait. L'illustration est en tous points étonnante (veuillez voir en fin de billet l'intégralité de l'illustration que je viens d'ajouter). A la croisée du symbolisme et de l'Art Nouveau, ces figures à la fois tourmentées, romantiques et tout à fait avant-gardistes, donne le ton à cet ensemble de textes amoureux et symbolistes.

Pierre Lièvre (1883-1939) fut le premier trésorier de la Société J.-K. Huysmans :

"Pierre Lièvre
1883-1939
Membre fondateur et premier trésorier de la Société

Depuis la fondation de la Société Huysmans, Pierre Lièvre en était le trésorier ponctuel et l’un des plus dévoués animateurs. Il lui témoignait en toutes circonstances, comme à son vénéré président Lucien Descaves, les qualités de cœur d’un ami qui dans l’amitié s’est avéré incomparable. Sa générosité n’avait d’autres limites que sa réserve et sa discrétion. Tous ceux qui lors des réunions de la Société ou à l’occasion des fonctions qu’il y remplissait avec tant de zèle ont eu à l’approcher l’ont estimé à sa juste valeur.
Pierre Lièvre était aussi écrivain ; dans les sujets divers qu’il a tour à tour abordés, il savait allier la perfection de la forme à l’originalité de la pensée, l’observation la plus patiente et la plus aiguë à une connaissance approfondie de l’œuvre des maîtres. L’indépendance de son jugement était absolue et si nul homme jamais ne fut plus courtois, jamais non plus on n’en vit un plus imperméable aux influences du temps et de la camaraderie. Critique littéraire, critique d’art, auteur dramatique lui-même, romancier, essayiste, urbaniste, poète, Pierre Lièvre a touché à toutes les cordes et a publié des dizaines de livres ou plaquettes.
Il a abordé presque tous les problèmes généraux qui sont aujourd’hui si fort à la mode sous le nom de Technique. Il se préoccupait de l’art poétique et de la diction des vers avec une pertinence qui montrait bien la survivance en lui de ce « poète mort jeune » en qui le critique avait survécu. Avant même d’écrire des romans, il s’était de même intéressé au secret de la création des personnages fictifs.
Dans ses ouvrages plus récents, à partir de Jeunesse se fane, en passant par L’extravagante punie, pour aboutir à son dernier livre, La vie et le roman, où il atteignit la pleine maîtrise de son art, il ne craignait pas de dénoncer les dangers courus par un monde dont les individus prétendent faire litière de la délicatesse du cœur, de l’honnêteté traditionnelle et des liens de famille. Conclusions que du reste il n’afficha point avec violence et qui ont pu échapper d’autant plus facilement à un public inattentif que leur auteur n’aima jamais élever la voix et préféra toujours l’ironie à l’indignation.
M. Jérôme Carcopino a su à merveille, lors de sa mort, définir l’humaniste que nous perdions en lui : « Le désintéressement était le principe même de l’activité critique de Pierre Lièvre. Le matin, il dirigeait sa maison de commerce, passait ses commandes, organisait ses marchés. Après quoi, il oubliait les affaires, et jusqu’au lendemain ne pensait plus qu’aux lettres. Il n’écrivait que pour libérer ses convictions et embellir ses jours. »

Extrait d’un témoignage d'Henri Martineau.
Cahiers J.-K. Huysmans, n° 20, mai 1947.

Anonyme a dit…

Etonnant et vertigineux. un artiste en contact avec son anima.
Bien à vous,
Sandrine.

calamar a dit…

étonnante sa ressemblance avec Beardsley !

Anonyme a dit…

Oui, je viens de chercher une photo sur le net et c'est frappant, Calamar, Vous avez raison.
Bien à vous, Sandrine.

Anonyme a dit…

Quand je regarde les dates de beardsley, celle d'Oscar wilde et celle de cette publication, je ne peux m'empêcher de faire le lien entre eux même si c'est matèriellement impossible qu'ils en soient les auteurs. Un fils spirituel des deux, un amant plus jeune d' Wilde qui aurait crèe cette oeuvre en mémoire de l'un et de l'autre ou un "à la manière de"

?

Bien à vous,
Sandrine.

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