mardi 17 mai 2016

Tapis rouge pour le Traité de la Sphère par Jean de Sacrobosco (1572), by Textor


En voyant Julia Roberts et Georges Clooney, (What else ?), présenter leur dernier opus, je me suis dit qu’un autre Holywood, moins connu mais mieux représenté dans ma bibliothèque, a eu sa période de gloire, c’est John of Holywood, alias Sacrobosco en latin. Son œuvre majeure, le Tractatus de Sphera Mundi, contient plus d’étoiles que le trottoir de Sunset Boulevard.

J’avais déjà eu l’occasion de vous présenter, (Mais c’était il y a quelques années et la génération Y ne s’en souvient plus) une des éditions incunables de ce traité de la Sphère, celle de Reiner de Heilbronn, 1478. Voici un autre exemplaire, de cent ans plus jeune, la première traduction en italien publiée chez les Giunti en 1572.

Né au XIIIème siècle, étudiant d’Oxford, c’est à la Sorbonne que John of Holywood choisit d’enseigner l’arithmétique, l’astronomie et des matières annexes telles que la climatologie, les phénomènes célestes, l’astrologie qui servaient aux étudiants autant qu’aux voyageurs ou qu’aux médecins.  Son traité de la sphère couvre ces différents sujets de manière très synthétique puisque l’ouvrage ne fait pas plus de 68 pages.

Cette édition florentine, bien imprimée et abondamment illustrée, a cela de particulier qu’elle est sortie des presses des Giunti de Florence en 1572  alors que Nicolas Copernic avait déjà fait paraître son De Revolutionibus (1543) qui rendait parfaitement caduc la cosmologie de Ptolémée. Mais il est vrai que Sacrobosco était encore enseigné en Allemagne, au Pays Bas et en France après la parution de l'Astronomia Nova de Johannes Kepler (1609) !

Si la théorie de la terre au centre du monde est un peu périmée aujourd’hui (encore que pour ma part, j’ai toujours le sentiment que le soleil tourne autour de la terre, cela se vérifie surtout au bord de la mer), le Traité de la sphère contient encore quelques vérités indémodables comme celle-ci :

‘’Pour trouver que le Ciel soit rond, il y a trois raisons, similitude, commodité et nécessité.  Similitude, pour ce que le monde sensible est fait à la similitude du monde archétype. De là vient que vu que le monde contient toutes choses, nous disons que telle forme lui a été commode et convenable. Nécessité, car si le monde eût été d’autre forme que ronde, c’est à savoir de forme triangulaire, carrée ou de plusieurs côtés, il s’ensuivait deux choses impossibles : c’est à savoir, qu’il y aurait quelque lieu vide, et quelque corps sans lieu ; desquelles choses l’une et l’autre sont fausses.’’

Ce qu’il fallait démontrer.

Reste que la sphère est la plus harmonieuse des figures et qu’elle décore joliment ce traité pour la plus grande joie des bibliophiles.

Bonne Journée
Textor


Fig 1


Fig 2



Fig 3



Fig 4



Fig 5

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Merci Bertrand pour cette mise en ligne. Ayant fait un tour à la Mazarine pour voir l’expo sur les livres italiens imprimés à Paris à la Renaissance (Annoncé par le Bibliomane Moderne il y a quelques semaines), j’ai pu constater que les traités sur la sphère ont fleuri à Renaissance. Outre Sacrobosco, Oronce Fine, Gregoire Reisch, Christophorus Clavius, Francesco Giuntini et bien d’autres, se sont intéressés aux sphères…. Textor

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