mardi 31 mai 2016

Musarder dans l’espace-temps, ou l’aventure d’un livre, par S***


Un soir, surfant sur internet – car que faire en son web à moins que l’on ne flâne ? - j’étais à la recherche d’informations improbables sur une reliure humaniste en peau de truie estampée à froid, issue d’un atelier Saxon du XVIe, et dont je ne parviens à percer le mystère.

L’obscure et hasardeuse sagesse des algorithmes m’a conduit à alunir sur le blog du Bibliomane où Textor nous faisait part de son acquisition récente, lors du Salon du Livre Ancien et de l’Estampe (au Grand-Palais), de ce très bel ouvrage composite édité chez Henri Petri en 1547, et comprenant notamment l’important « Procli  De Sphaera Liber », essentiel traité d’astronomie.

Dans ce même volume se trouvait également le texte de Denys l’Africain (Dionysos Periegetes (« le voyageur »), encore dit Denys l’Alexandrin)  intitulé « Description des terres habitées », et dont l’heureux Textor possède l’édition de Venise de 1478, une traduction latine d’Antoine Beccaria.



Description des terres habitées, Venise, 1478
(Glasgow Incunabula Project)

L’édition princeps en grec de La Description des Terres Habitées fut d’abord donnée par Giovanni Mazzocchi à Ferrare en 1512, suivie un an après par Alde en 1513 qui l’inséra dans son édition de Pindare. Puis Robert Estienne l’édita à Paris en 1547, à partir d’un manuscrit de la Bibliothèque Royale, avec pour la première fois le commentaire d’Eustathe de Thessalonique.

Ce poète géographe contemporain de l’empereur Hadrien écrit son texte en hexamètres grecs. Ecoutons-le dans sa traduction en français par l’humaniste bourguignon Bénigne Saumaise : « Je veux chanter l’enclos de la terre habitée, la mer au large sein…. Dîtes moi les chemins et obliques détours. Mignonnes, servez-moi de fanal et de guide ! ».

Mais là je dis Grèce… ! Revenons donc de ces voyages exotiques en compagnie du periégète, pour nous intéresser à Proclus. Ce dernier, savant, philosophe, membre éminent de l’école néo-platonicienne d’Athènes au Vème siècle, était né à Byzance vers 412 de notre ère, étudia à Alexandrie, et vécut à Athènes. Il est célèbre entre autres pour ses commentaires sur le Timée de Platon, qui ont eu une importance considérable à la Renaissance.

Comme le dit Textor, son traité sur les Sphères est en fait essentiellement une reprise des éléments de Geminos de Rhodes, astronome et mathématicien grec qui avait vécu plus de 400 ans auparavant, et c’est d‘ailleurs sous cette attribution que cet ouvrage est catalogué par la BnF. Le texte grec avec sa traduction latine fut donnée à Paris par Gilles de Gourmont en 1516.

Ce texte eut un grand succès et fut republié par de nombreux éditeurs pendant la première partie du XVème siècle.

En fait, bien que très respecté, voire même vénéré par ses contemporains pour l’étendue de son savoir, Proclus n’est ni un mathématicien génial ni un scientifique vraiment créatif, mais il a un talent extraordinaire de synthèse et de vulgarisation. Il fait le point de façon pertinente et intégrée sur l’état des sciences mathématiques à son époque, depuis les travaux de Thalès, près de 700 ans auparavant, jusqu’ à son époque. C’est un mathématicien honnête, mais il est en fait bien meilleur dans la philosophie et la poésie. Mais, excusez du peu, il est tout de même l’un des 300 mathématiciens au monde qui a un cratère à son nom sur notre satellite…

 
Marque d’imprimeurs de Heinrich Petri
(in : The printers of Basle in the XV and XVI centuries, Heckethorn, London 1897)


L’édition de 1547 dénichée par Textor est très intéressante car elle regroupe un certain nombre de textes essentiels pour les humanistes de l’époque à la compréhension de l’univers, et ce n’est pas un hasard si cet ouvrage, publié dans cet important foyer de la Réforme qu’était Bâle y ait rencontré un grand succès. Pour se remettre dans le contexte de l’époque, il faut bien comprendre que, même si depuis déjà deux millénaires Pythagore avait postulé que la terre puisse être une sphère, ce n’est réellement qu’en 1522 que Magellan à l’origine de la première circumnavigation de l’histoire, sût en apporter la preuve définitive, au-delà de toute spéculation scientifique ou de toute croyance.

Selon USTC, cet ouvrage est présent dans 8 bibliothèques en Allemagne et une en Hongrie, mais pas en France (mais ceci serait à vérifier).

L’imprimeur Heinrich Petri, actif à Bâle de 1527 à 1579 a édité nombre d’importants textes scientifiques, dont ceux de Sebastien Münster, ou aussi en 1566 avec son fils la seconde édition de « De revolutionibus orbium celestium » de Copernic.



Marques d’imprimeurs de Jean Walder
(in : The printers of Basle in the XV and XVI centuries, Heckethorn, London 1897)


Quelques années auparavant, en 1540, également à Bâle, Jean Walder, avait imprimé l’édition princeps en grec d’un autre ouvrage d’astronomie de Proclus, « Hypotyposis astronomiarum positionum », édité par Simon Grynaeus (in quarto). Jean Walder s’était déjà illustré par un magnifique coup éditorial en 1538 en publiant in-folio la version princeps de « L’Almageste » de Ptolémée, avec déjà Simon Grynaeus comme éditeur scientifique. L’Hypotyposis fut le dernier texte édité par Grynaeus publié de son vivant, car il périt à Bâle en 1541 pendant l’épidémie de peste.


Simon Grynaeus, théologien humaniste réformé (1493-1541)


Les rivalités commerciales et de prestige entre imprimeurs étant vives, on peut imaginer que c’est à la suite de ces importantes réalisations de son confrère, que Heinrich Petri avait souhaité se lancer dans un projet plus ambitieux, à savoir l’impression d’un ensemble cohérent de 4 titres scientifiques d’auteurs différents dans un même volume, celui donc qu’il produisit en 1547. Dans cette compétition acharnée entre imprimeurs les relations n’étaient pas toujours des plus cordiales, et d’ailleurs Jean Walder était en procès contre  Heinrich Petri et Isengrin, à propos d’un Lexicon Graeco-Latin qu’il avait publié en 1539.

He bestowed great care on works printed in Greek by him ; they were distinguished for accuracy and elegance.

L’Hypotyposis est une introduction à la théorie astronomique, basée notamment sur les travaux antérieurs d’Hipparque (pas celui du cirque de Tintin, mais bien l’inventeur de la trigonométrie !) et de Ptolémée. Y sont développées les notions d’épicycles et d’eccentriques, et, combinant géométrie et astronomie, Proclus synthétise une théorie cohérente. Dans cet ouvrage, il expose aussi comment l’horloge hydraulique (clepsydre) de Héron d’Alexandrie (10-75 de notre ère) peut être utilisée pour estimer le diamètre du soleil.



Clepsydre grecque


Mon exemplaire de l’Hypotyposis provient de la bibliothèque de Jacques-Auguste de Thou (1553-1617) et est relié à ses armes (avant son mariage). Filets d’encadrement dorés simples et doubles, joints en diagonales aux 4 coins. Dans la pièce centrale, une guirlande entoure l’écu aux 3 abeilles. Au sommet une tête de Chérubin ailé dans un halo. Au-dessous un bandeau inscrit « JAC. AUGUST THUANUS ». Au dos de la reliure le monogramme est répété 6 fois.



La reliure est en maroquin rouge, et porte sur les premiers plats une inscription manuscrite en noir, qui est une côte de bibliothèque, «  J.f.19. »  Cette côte est reprise au contreplat sous la forme « Vest . 1ère J.f.19 ». D’une écriture à l’encre du 18ème siècle est inscrit « This book belonged to Thuanus », avec une signature non déchiffrée.
  


Marque de bibliothèque sur L’Hypotyposis, Walder 1540


Cette marque de bibliothèque est celle de Charles de Rohan-Soubise (1715-1787), comme ici sur le Ciceron (Turnèbe 1553) à l’Université de Pennsylvanie, provenant aussi de De Thou.




En effet la bibliothèque de J. de Thou (près de 13 000 volumes) passa d’abord à son fils. Ce dernier, loin de perdre la tête devant un tel héritage, la perdit en revanche lorsqu’il fut décapité en 1642 à l’âge de 35 ans sur ordre de Richelieu, pour ne pas avoir dénoncé la conspiration du marquis de Cinq-Mars dont il avait pourtant connaissance.

La bibliothèque Thuane fut acquise en 1679 par Jean-Jacques Charron, marquis de Ménars (1643-1718). Ce dernier, Président à Mortier au Parlement de Paris (et aussi beau-frère de Colbert qui avait épousé sa sœur), la vendit en 1706 (pour un prix de 40 000 livres) au Cardinal de Rohan, évêque de Strasbourg (1674-1749).


Le cardinal de Rohan (par Hyacinthe Rigaud)


A la mort du Cardinal, son neveu, Charles de Rohan, prince de Soubise hérita de la bibliothèque, et elle resta dans la famille de Rohan-Soubise jusqu’en 1789, date à laquelle la bibliothèque fut finalement démantelée et vendue.


Charles de Rohan-Soubise, Pair et Maréchal de France


Holland House, vers 1770


Sur le premier contre-plat figure également l’ex-libris gravé de la « Holland House » à Londres, représentant un renard. Holland House était une très aristocratique et spectaculaire propriété, bâtie à partir de 1604 sur ce qui est maintenant Holland Park dans le quartier de Kensington. Cette propriété fut acquise en 1767 par Henry Fox, 1st Baron Holland. Pour Holland à l’époque, son adversaire n’était pas la finance : trésorier payeur des armées, il semble qu’il en ait profité pour accaparer illégalement pendant ses 8 années en fonction une somme de 400 000£, une somme colossale pour l’époque.


Armes de la famille Fox, Barons Holland
(un renard siège sur un chapeau-hermine,
tenant dans sa gueule une rose,
 sous une couronne de baron).


Le 3ème Baron Holland, Henri Vassal-Fox (1773-1840), fut une important figure politique de l’époque, proche des «whigs ».  Libéral et cultivé, il visita Paris en 1791 où il rencontra Lafayette et Talleyrand, avant d’accomplir son «grand tour» en Italie jusqu’en 1793. On ne put exclure que ce soit lors de ce passage à Paris qu’il acquit ce volume pour sa propre bibliothèque, alors que les libraires liquidaient leurs stocks de livres au kilo en cette période révolutionnaire. C’est à cette époque où le livre quitta la France pour l’Angleterre qu’aurait pu être apposée la mention manuscrite « This book belonged to Thuanus ».
  


Henry Vassal Fox, 3d Baron Holland (portrait at The National Gallery)


Holland House resta un haut lieu de la vie culturelle, sociale et politique à Londres pendant tout le 19ème siècle. Y furent reçus entre autres Lord Byron, Disraeli, Charles Dickens ou Walter Scott. Au début du 20ème siècle, Holland House avait encore le plus grand parc privé de Londres, plus grand que celui de Buckingham Palace. Même si la baronnie s’était éteinte, la propriété est restée dans la famille jusqu’après la deuxième guerre mondiale.

Un certain nombre de ventes de livres de la librairie des Barons Holland eut lieu à différents moments. Dés 1775 la bibliothèque de Stephen, 2e Baron Holland fut vendue chez Christies (11 decembre). En 1813 une partie de la bibliothèque de Charles-James Fox fut vendue dans une vente anonyme (Jeffery, Pall Mall, 17 juillet 1813). Enfin une partie (principalement des doubles) de la bibliothèque de Henri Edward, 4e Baron et dernier de la lignée fut vendue chez Sothebys le 29 novembre 1847.

Néanmoins, la bibliothèque fut pour l’essentiel préservée, et, comme le montre le cliché ci-dessous, avait encore belle allure en 1907.



Il existe plusieurs ex-libris gravés pour la « Holland House library », réalisés à différentes époques, et tous s’inspirant bien sûr de la thématique du blason familial des Fox, le renard.
La marque ci-dessous, par exemple, présentée sur le site du Musée des Beaux-Arts de San Francisco comporte la devise en latin (« vitam impendere vero » = consacrer sa vie à la vérité) et figure deux renards.


Fine Arts Museum of San Francisco)
 (Achenbach Foundation for graphic arts,
Accession # 1963.30.20880)



Ex-Libris Henry Fox 1st Baron Holland


Ces deux ex-libris sont très différents de celui apposé sur notre Hypotyposis. En revanche, les cotes de bibliothèque apposées au crayon bleu sur l’ex-libris ont les mêmes caractéristiques que celles retrouvées sur l’ex-libris de San-Francisco.



Premier contreplat
(Hypotyposis, Walder, Bale 1540)

  
Le plus plausible est que cet ouvrage soit ensuite resté dans la bibliothèque de Holland House jusqu’à la deuxième guerre mondiale. En 1940, Londres est soumis aux bombardements allemands (le Blitz), et le 27 septembre, pendant un raid de la Luftwaffe qui dura une dizaine d’heures, plus de vingt bombes incendiaires atteignirent Holland House, détruisant l’essentiel de l’édifice. Par miracle, la bibliothèque fut relativement préservée et la plupart des volumes purent être sauvés des flammes et de l’eau (en fait il semble que les volumes les plus précieux avaient été déménagés ailleurs au début de la guerre).

Le saisissant cliché ci-dessous montre des lecteurs, au lendemain du bombardement consultant des ouvrages dans la bibliothèque. Il s’agit en fait d’une image de propagande prise près d’un mois après le bombardement, et censée montrer un admirable exemple du flegme et de la résilience des londoniens pendant cette période. De fait, la tragédie de la destruction de Holland House ne fut reportée dans la presse que le 22 octobre, soit 4 semaines plus tard, censure oblige. Mais quelle que soient ses intentions, cette image est aussi une évocation absolument prodigieuse, hallucinante même, de ce qui pousse l’homme à dépasser les catastrophes et à résister, en cherchant au travers des livres et de la culture à donner du sens à son destin, aussi sombre puisse-t-il paraître.



 Holland House Library, après le blitz (1940)


C’est aussi le cas pour cet autre cliché montrant une simple librairie de quartier atteinte par les bombes en 1940, avec un jeune homme lisant tranquillement dans les ruines « L’Histoire de Londres ».


London bookshop after German bombing, 1940. Available from AP Images.
Reading history and seeing it, too an amusing sidelight of the latest chapter in London’s history is this lad who, according to the British caption, sits mid the ruins of a London bookshop following an air raid on October 8, 1940 in London, reading the History of London.

  
Après ces tristes évènements de 1940, Holland House resta à l’état de ruine jusqu’à ce que le dernier descendant de la famille le vendit en 1952 à la ville de Londres. Entre temps, il y eut encore en 1947 une dernière vente aux enchères des livres de la Holland House Library, à la maison de vente Hodgsons le 13 mai 1948.

Le prochain possesseur connu de notre ouvrage est le bibliophile américain Robert Brodhead Honeyman. Cet homme né en 1897 collectionna livres et manuscrits sa vie durant, notamment dans le domaine des sciences (astronomie particulièrement), et fit construire un musée privé pour ses livres rares et œuvres d’art (principalement peintres impressionnistes et art de l’ouest américain) en Californie (San Juan Capistrano, Rancho Los Cerritos).

En 1958, à l’occasion de l’Année Géophysique Internationale (AGI, du 1er juillet 57 au 31 décembre 58), il exposa une partie de sa collection en Californie puis en Pennsylvanie (Lehig University, son « Alma Mater »). C’est à l’occasion de l’AGI que le Spoutnik 1 a été lancé par l’URSS le 4 octobre 1957, événement majeur de la guerre froide qui se jouait alors.
  


Sa collection comportait plusieurs milliers de livres de sciences. Un autre très grand bibliophile collectionneur d’ouvrages scientifiques, Haskell Norman, rapporte que Honeyman s’était fixé comme règle de ne jamais dépenser pour un seul livre, ou pour une seule journée d’acquisition plus de 4000 $. Si le livre qu’il souhaitait acquérir dépassait cette limite, alors il cédait en complément un ou plusieurs livres déjà en sa possession.

En 1963 les œuvres d’art furent cédées à l’université de Berkeley (Bancroft Library). Quant à sa magnifique bibliothèque de livres scientifiques elle fut dispersée chez Sothebys au cours de plusieurs vacations entre 1978 et 1981. Honeyman lui-même décèdera en 1987.

Je ne sais pas sous quel numéro nôtre exemplaire de l’Hypotyposis figurait dans le catalogue de ses ventes de 1978-81, ni qui l’avait acquis, ni à quel prix. Je sais qu’avant de rejoindre notre bibliothèque il y a une dizaine d’années, nôtre exemplaire avait été acquis à Londres chez Sothebys en 1986 par son précédent propriétaire.
  


Ainsi, pour résumer, le scénario probable pour  l’itinéraire de ce livre au cours de presque cinq siècles est le suivant :

1540 : Livre publié à Bâle chez Jean Walder (édition princeps en grec)
1541 : L’éditeur Simon Grynaeus meurt de la peste
1580 : Bibl. De JA De Thou célibataire (date du mariage =1587)
1617 : Mort JA de Thou
1642 : Exécution de JA De Thou II
1679 : Acquisition par le Marquis de Mesnard
1706 : Acquisition par le Cardinal de Rohan
1749 : Attribution par héritage à Charles de Rohan, Prince de Soubise
1789 : Vente à Paris de la Thuana et Rohan-Soubise
1791 : Acquisition à Paris par Henry Vassal Fox, 3d Baron Holland
1793 : Henry Vassal Fox retourne en Angleterre
1813 : Vente Charles-James Fox (il n’y figure pas)
1847 : Vente 4th Baron Holland (n’y figure pas)
1940 : 27 septembre, bombardement de Holland House: l’exemplaire n’est pas endommagé
1947 : Vente finale de la Holland House Library
1950-60 : Acquisition par Honeyman, date indéterminée
1978-81 : Vente Honeyman
1986 : Vente Sothebys à Londres
2008 : Propriétaire actuel

Il est émouvant de constater qu’au travers ces cinq siècles d’histoire, de guerres et de vicissitudes diverses, cet important ouvrage humaniste a été préservé dans les différentes bibliothèques qui l’ont accueilli, et par les générations de bibliophiles qui ont eu la chance d’en être le dépositaire à un moment ou à un autre de sa longue histoire, et qu’il se trouve aujourd’hui pratiquement dans le même état que lorsque le jeune Jacques-Auguste de Thou le fit relier vers 1580.


Vale.

S***

7 commentaires:

Bertrand Hugonnard-Roche a dit…

En regardant hier soir un documentaire sur la deuxième guerre mondiale je me faisais justement cette réflexion du destin des livres qui survivent bien malgré eux aux conflits armés, aux révolutions, aux catastrophes naturelles ou surnaturelles, à la folie des hommes le plus souvent. Quand on a entre les mains un livre c'est ainsi toute une histoire faites d'aléas et de hasards qui s'offre à nous, et cela ça n'a pas de prix. Je dirais même qu'une modeste plaquette du XVIe siècle restée brochée et arrivée jusqu'à nous à mille fois plus de mérite involontaire qu'une série des Fables de La Fontaine illustrées par Oudry reliée en maroquin qui a, selon toute logique, été possédée et choyée depuis son impression, pour la gloire de la beauté et du luxe, surtout aussi pour la gloire des héritiers ...

Merci encore pour cet article,
j'en espère d'autres,

Bien cordialement,
Bertrand Bibliomane moderne

Anonyme a dit…

L’heureux Textor est encore plus heureux quand il lit un si bel article qui renseigne aussi bien sur votre ouvrage à la traçabilité exemplaire que sur le mien ! Il a trouvé son maitre en matière de recherches bibliophiliques … Je voulais vous répondre que j’allais devoir surenchérir en écrivant un papier sur mon Astonomicon d’Hyginus mais je m’aperçois que j’ai déjà écrit ledit papier en 2009 sur ce site !

Comme le dit si bien Bertrand, la poétique des livres anciens résident dans tous ces petits détails rassemblés autour de l’ouvrage qui permet de « musarder dans l’espace-temps » et qui rendent les livres si vivants. Ainsi votre exemplaire de Thou (excusez du peu !) a été un temps en possession de JJ Charron marquis de Menard. J’imagine bien sa bibliothèque installée dans son hôtel du 13 quai Bourbon, j’étais son voisin, ayant habité un temps - peut-être à la même époque - au 11 du même quai !  Amitiés Bibliophiliques. Textor

calamar a dit…

magnifique texte, merci ! arriver à retracer l'historique d'un ouvrage, c'est vraiment une part importante de la bibliophilie.

Eric a dit…

Très bel article, merci.
Lors de la vente Honeyman (VI, 2542)votre exemplaire De Thou, estimé 100/150£ a été vendu pour 480 £ à Manning.
Eric

Jean-Paul Fontaine, dit Le Bibliophile Rhemus a dit…

"Menars" : c'est mieux sans accent sur le "e" et avec un "s" à la place du "d".

ciriaco a dit…

Merci de vos commentaires encourageants pour ce premier post!

Oui Rhemua, c'est vrai que Menars c'est quand même plus élégant!. Et merci à Eric pour ses précisons sur la vente Honeyman. Et savez vous qui est ce Manning ?

Ciriaco

Eric Zink a dit…

Non, aucune idée.
Il n'a rien acheté à la vente 5, rien à la 7 et pourtant une quizaine de livres à la vente 6.

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