jeudi 11 novembre 2010

Courrier des lecteurs : Une histoire de filigrane du papier sur une édition de 1534.



Monsieur,

Je suis tombé sur votre blog fort intéressant ce jour, faisant une recherche sur l’origine d’un papier. Je possède une édition d’un livre nommé « Kriegsordnung new gemacht » de Michael Ott von Aechterdingen. Imprimé à Simmern en 1534 par Hieronymus Rodler le papier comporte un filigrane dont j’ignore la provenance. Il me manque encore quelques connaissances dans ce domaine et j’aimerais avant de le restaurer en savoir davantage. Je vous l’envoie en pièce jointe ainsi que le bois gravé qui orne la première page, vous remerciant par avance d’y jeter un coup d’œil.


En vous remerciant de votre réponse et vous félicitant pour votre travail,

Cordialement,
P.F.

10 commentaires:

Textor a dit…

Whaou !! Schöne gravur ! d'un chateau assiégé en bon ordre par l'armée de sa majesté...
L'ouvrage débute en a2, dommage.

Avez-vous regardé dans le Briquet pour retrouver l'origine du filigrane ?

Malheureusement, je ne peux pas aider, j'ai oublié de l'emporter. On devrait toujours avoir les 4 tomes de son Briquet avec soi pendant les week end! :)

Textor

Textor a dit…

Que savez-vous de cette édition que je ne connaissais pas?

Le Bibliophile Rhemus a dit…

On ne trouva apparemment qu'une référence sur cet ouvrage rare : "The XVIth Century" Vienne (Autriche), Gilhofer & Banschburg,s.d. part I, p. 87, n° 626;

Raphael Riljk a dit…

Briquet décrit ce filigrane "Couronne à diadème" comme constituant de beaucoup la famille la plus récente et la plus nombreuse. Il en existe 200 types repérés de 1474 à fin du XVIe.

La distribution géographique témoigne d'une origine allemande (jusque là, ça colle) et provient de régions diverses.

Les marques 4960 à 4971 sont surmontées d'un trait étoilé. Avec la prudence requise, la marque la plus ressemblante serait la 4969 (Vol II): 31x42, repérée sur un document rédigé à Colmar en 1531.

Textor, quand vous battrez votre Briquet, vous nous direz.


Raphael

Textor a dit…

Au clair de la lune, Pierrot répondit :
- « Je n'ai pas de plume, je suis dans mon lit.
Va chez la voisine, je crois qu'elle y est
Car dans sa cuisine, on bat le briquet.»

Avis, Mesdames, promis, Lundi, le Textor battra le Briquet.

T

Textor a dit…

Plaisanterie mise à part, j'éprouve toujours un peu de difficulté à lire ce gothique Schwabacher, directement issue de l'écriture batarde. Je lui préfère le gothique rotunda.
A l'origine, les cursives allemandes ne se distinguaient pas de celles utilisées dans les autres pays européens et puis, progressivement, se sont élaborées des formes nationales, dont la Schwabacher.
En revanche les lecteurs moyennement instruits du XV et XVIème siècle la lisaient mieux que la textura et souvent, les imprimeurs l'utilisaient pour des sujets populaires en langue locale, plutot que pour les sujets religieux ou scientifiques, en latin.
Elle est resté en vigueur, avec son avatar, la Fraktur, jusqu'au XXème, jusqu'à ce qu' Hitler l'interdise soudainement en décrétant qu'elle correspondait à l'écriture juive !! (Par confusion entre le rythme des pleins bien noirs de ce Schwabacher et les types de l'hébreu carré.)
Textor

Lauverjat a dit…

Textor, si vous ne vous encombrez pas du Briquet au moins emportez vous votre Perrousseaux.
Ironie, la Schwabacher avait été encouragée par l'administration de Bismarck.
L'administration nazie étant devenue une énorme machine surchargée, le "gothique" était sans doute devenu un frein à l'efficacité. Pour le supprimer la première et mauvaise raison aussi stupide qu'obsessionnelle fut la bonne. La lettre circulaire du 3 janvier 1941 qui impose le caractère romain présente une entête en caractères gothiques!

Lauverjat

Textor a dit…

Lauverjat, C'est mon livre de chevet, il ne me quitte pas !
Perrousseaux va jusqu'à reproduire ce stupide décret.

Les Règles de la Guerre de Michel Ott, est un travail scientifique des plus intéressant avec l’ouvrage de Nicolas Machiavel, pour ce premier quart du 16e Siècle.
Le livre commence par une vision critique de l'auteur sur les conditions de la guerre de son temps. L'auteur consacre des chapitres à la constitution des régiments de mercenaires, à la structure et les rapports de commandement. D'autres chapitres traitent des armes, du matériel nécessaire aux armées, et des tactiques des difficiles combinaisons entre l'infanterie, la cavalerie et l'artillerie. Une large place est occupée par l'artillerie. Michel Ott Aechterdingen connaissait les mercenaires par expérience personnelle, il fut commandant en chef de l’artillerie de l'empereur Maximilien Ier et de la Ligue souabe. Pour cette raison, l'amélioration de l'artillerie a joué un rôle majeur dans son travail.

On trouve une édition de 1535 Augsburg reproduite ici, dans une typographie moins nette que l'exemplaire présenté.

http://daten.digitale-sammlungen.de/0000/bsb00008218/images/index.html?fip=193.174.98.30&id=00008218&seite=7

Textor

Benoît a dit…

@Textor & Lauvergeat : bel échange d'érudit messieurs... Il y a un an, j'aurais cru lire de l'hébreu, maintenant, je lis de l'allemand (et je parle quand même un peu allemand ;_))) Merci de nous faire profiter de vos lumières... Grâce à vous parmi d'autres, je progresse...

Textor a dit…

Merci Benoit ! Si vous lisez l'allemand, c'est vous qui allez nous faire partager vos Lumières. Voici quelques années, je faisais des recherches sur l'imprimeur de Cologne Batholomeo de Unckel, actif dans les années 1470. La seule référence un peu détaillée que j'ai trouvée était dans une revue allemande d'avant le fameux décret, tout en gothique tarabiscoté. Je n'ai jamais pu lire ce texte ! La vie de Unkel reste un mystère insondable... Jusqu'à aujourd'hui !

Textor

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