mercredi 14 mai 2014

Etienne Riondet, imprimeur farfauteur (1679 - 1693)


C’est bien connu, les bibliophiles préfèrent les livres où il y a des images et des grosses lettres, c’est plus facile à consulter. Je ne vous cacherais donc pas la jubilation que m’a procuré ma dernière acquisition : Compilation des anciens édits des princes de la royale maison de Savoye : ensemble les édits de Madame Royale, Marie Jeanne Baptiste de Savoye, touchant la iurisdiction de la Chambre des comptes, la gabelle générale, la taille & trésorerie générrale, le domaine : A Madame Royale, par noble Alexandre Jolly, docteur és droicts, conseiller de S.A.R. maître ordinaire, & auditeur en la chambre des comptes de Savoye.


Fig. 1 La Compilation des anciens édits.


L’ouvrage est daté de 1679. Les caractères sont neufs et le papier bien blanc ; c’est le premier ouvrage imprimé par Estienne Riondet à son arrivée à Chambéry ; Ce titre est venu rejoindre les deux ouvrages de ma bibliothèque sorties des mêmes presses : Recueil des édits des ducs de la royale maison de Savoye et Style et règlement du Senat de Savoye, de Gaspard Bailly (1679 et 1681)

Etienne Riondet était natif de Moûtiers en Tarentaise. Il apprit son art à Lyon puis vint s’installer à Chambéry en 1679, après avoir passé un contrat avec la Chambre des Comptes dans lequel il s’engageait à imprimer les édits et règlements de la Chambre et du Sénat en caractère de Saint-Augustin. Il devait être bien vu à la Cour de S.A.R. le Duc de Savoie car le déménagement de son équipement lui fut offert pour 400 florins et la Chambre des Comptes lui fournit les vignettes, ornements et lettres nécessaires à son travail. Tout allait donc bien pour notre imprimeur qui entama son labeur avec enthousiame. L’ouvrage de Gaspard Bailly est un grand in-quarto de 861 pages et la Compilation des Edits dépasse le millier de pages.


Fig. 2 Le Recueil des édits.



Fig. 3 Le Style et Règlement du Sénat.


Riondet avait pris le titre d'imprimeur et libraire de S. A. R. dans ces deux publications ce qui ne plut pas du tout au véritable imprimeur de S.A.R., Louys Dufour, installé dès 1640 et dont le père avait obtenu pour ses deux fils, Louys et Geoffroy, de la duchesse Christine, « la survivance à l'office d'imprimeur et de libraire ». Louys Dufour fit un procès à Estienne Riondet pour lui défendre de s'intituler imprimeur ducal, en faisant remarquer au passage qu’il n’était pas digne de cette charge.

Riondet répliqua vigoureusement, au cours de l'instance, qu'il avait été chargé de l'impression du recueil de Jolly, parce que le prix présenté par Dufour n'avait pas été accepté, et qu'il n'est pas étonnant qu'il ait pris la qualité d'imprimeur de S.A.R. puisqu'il en avait les fonctions. L'avocat Amblardet pour Dufour débuta sa plaidoirie ainsi : « Voici, Messieurs, deux rejetons de l'illustre Jean Gutenberg, qui enseigna, sous le règne de Frédéric III, la délectable manière d'imprimer....».

Louys Dufour ne manquait pas d’arguments et je ne résiste pas au plaisir de reproduire une partie de son mémoire en défense, tel qu’il est reproduit dans les pièces justificatives du Dufour et Rabut (1) :

« Maitre Dufour, imprimeur et libraire de S. A. R. a cru qu'il estait du devoir de sa charge de faire voir à nos seigneurs des comptes que Maitre Riondet, dans son prix fait, n'a pas travaillé fîdellement. C'est par la supposition du caractère qu'il a surpris la religion de la Chambre, estant dit par exprès dans son contrat : qu'il imprimera les ouvrages que l'on luy remettra du caractère appellé Saint Augustin. Et cependant il les a imprimé du caractère appellé Gros Romain, qui est d'un degré plus gros, et qui a grossi le volume de la Chambre de la troisième partie, outre que ce caractère supposé vaut deux florins de moins par feuille, ne s'estant servi du caractère Saint Augustin que pour faire la table. Ce qu'il a imprimé pour le Sénat est aussi du caractère supposé, tellement que s'il imprimait ce que le Sénat veut de nouveau mettre au jour, que l’on estime estre un volume aussi gros que celuy de la Chambre, le tout estant joint ensemble, il se trouveroit que Maitre Riondet tromperait S. A. R. de plus de quatre cents ducatons. Il ne s’est pas contenté de se servir de ce seul caractère supposé, puisque l’on voit dans tous les préambules des arrêts de vérification, il s'est servi d'un caractère si gros (le caractère Petit Canon) qu'il ne faut tout au plus que cinq ou six mots pour remplir une ligne. Il semble aussi que Maitre Riondet, dans tout ce qu’il a imprimé, se soit voulu plutôt délecter à se donner du divertissement que de donner de l'attention aux lecteurs, car on y voit que vignettes, fleurons et corbeilles à fleurs, ce qui s'appelle purement farfauter, car tout cela n'a fait que grossir les volumes et sa bource. Maitre Riondet, qui se croit un des plus doctes qui ait jamais paru dans l'imprimerie, devait pour son honneur estre plus attentif à travailler plus correctement qu'il n'a fait, car ce luy est une honte de voir qu'à la fin du volume qu'il a imprimé pour la Chambre il y a un errata qui contient une page entière et d'un très petit caractère. Le papier dont il s'est servi est aussi fraudé, car, sur la fin du volume, il est de moindre valeur qu'au commencement. Le contract a des termes grandement avantageux pour Maitre Riondet, puisqu'il y est dit : Et encore pour et moyennant la somme de quatre cents florins pour un coup, que ledit seigneur procureur patrimonial luy fera délivrer pour faire venir ses meubles et caractères de Lyon, et le surplus luy sera payé, scavoir quatre cents ducatons, par avance, soit la valeur et le surplus à mesure qu'il ira travaillant sur les mandats de ladite Chambre. L'on soutient à Maitre Riondet que s’il avait travaillé fidellement deux mille florins estaient suffisants pour payer l’impression du volume de la Chambre. Il est à noter que par ledit contract, la Chambre a promis seize florins par feuille, et Maitre Dufour ayant examiné les impressions et la ruse dont s'est servi Maitre Riondet, comme ledit Dufour fait voir cy-dessus, il se trouve que ledit Riondet avait de gain tous les jours seize ou dix-huit florins, tous frais généralement estant faits, outre le profit qu'il peut faire sur la vente des exemplaires qu'il a pu faire pour lui.»


Fig 4 La Compilation : Edit de création du Juge Conservateur de la Gabelle.



Fig 5 La Compilation : Ordre d’abolition de la Gabelle du vin.



Fig 6 La Compilation : Defense de jouer à quel jeu que ce soit.


Un examen attentif des deux ouvrages paru en 1679 révèle rapidement que les commentaires de Louys Dufour n’étaient pas seulement dictés par la jalousie. La Compilation des Edits possède de belles pages bien blanches, ayant l’épaisseur du carton pour sa première moitié tandis que les dernières pages ont la consistance du papier à cigarettes et sont, pour certaines, uniformément jaunies. Quand au corps des caractères, je vous laisse juger sur les photos. Sur certaines pages les titres sont si gros qu’il n’y plus la place d’y insérer l’arrêt. Par ailleurs, les culs de lampe s’épanouissent en de larges bouquets floraux, du plus bel effet bibliophilique.

Estienne Riondet savait compter les florins par feuilles mais curieusement il n’excellait pas dans l’art de la pagination. La collation de la Compilation des Edits est un casse-tête car, outre le fait que le numéro des pages est parfois fantaisiste (bien que le texte se suive – il ne s’agit pas d’une erreur du relieur) , les signatures ( pi¹, ã⁴ ²pi¹ A-D⁴ E⁴ (E2+[superscript chi]ẽ²) F-T⁴ V⁴ (V2+Yã⁴) X-DD⁴ EE⁶ Eẽ⁴ Ffã² (astérisque)⁴ GGẽ⁴ FF-ZZ⁴ Zzẽ² 3A-3Y⁴ 3Z⁴ (3Z1+[croix]²) 4A-5P⁴ ã⁴ ẽ⁴ ĩ⁴ õ⁴ 5Q⁴ 5R⁶ ()⁴ 5S-5V⁴ 5X⁶) n’aident en aucune façon dans la mesure où notre imprimeur a rajouté des feuillets, tantôt numéroté en chiffres romains, tantôt pas numéroté et pas signé du tout ! Le descriptif du libraire qui a proposé cet exemplaire à la vente s’en ressent. Je croyais donc avoir, en connaissance de cause, acheté un exemplaire avec des feuillets manquants, mais non, ils y sont tous !


Fig 7 Tableau des Fériés.


Fig 8 Signature RRRrr.


Il est vrai que Riondet avait touché d’assez fortes sommes pour l'impression des deux recueils de Bailly et de Jolly, en tout 10 475 florins et 4 sols « tant pour les 4200 volumes des édicts vieux et nouveaux faictz par les ducs de Sauoye, moitié pour l'usage du sénat et l’autre pour la chambre, que ledit Riondet s'est obligé d'imprimer et rendre en blanc à 46 florins la feuille composée de quatre pages in folio a forme du contrat, que pour avoir aussy refaict diuers feuillets aux dits volumes et pour avoir relié en basane cinq cents desdits volumes a trente sols pièce et sept en parchemin a dix huict sols pièce, que pour auoir fait soixante six exemplaires de la Pratique criminelle delivrés audit Sénat et à la Chambre tous reliés en basane que pour l'impression aussy des edicts du Pacte de non petendo, de celuy des renonciations, de celuy pour les châtelains et de celuy contre les vers a soye que pour le transport encore desdits 4200 volumes au chasteau de cette ville »

Le verdict tomba le 14 février 1682 par un arrêt dans lequel la Cour interdit à Estienne Riondet de prendre la qualité de libraire et imprimeur de S. A. R. attribuée à Maitre Louys Dufour, « sauf audit Riondet de travailler pour le public, ainsi qu'il verra à faire, sans dépens entre les parties ».

Bon, Riondet était sans doute un farfauteur invétéré mais il a travaillé pour la postérité. Des générations d’amateur de beaux livres ont recherché ces titres devenus rares. Il n’y a pas plus de cinq ou six exemplaires de la Compilation des Edits dans les bibliothèques publiques, ce qui peut paraître étonnant dans la mesure où il en avait produit plus de deux mille exemplaires.

Dépité par ce verdict, Estienne Riondet quitta Chambéry pour s’installer dans la ville d’Aoste, tout en conservant une librairie à Chambéry. Il mourut en 1693.

Bonne Journée
Textor

(1) Dufour et Rabut - "L'imprimerie, les imprimeurs et les libraires en Savoie du XVe au XIXe siècle" in Mémoires et Documents de la Société Savoisienne d’Histoire et d’Archéologie. 1877

13 commentaires:

Bertrand Hugonnard-Roche a dit…

Comme quoi d'un livre chiant au possible on peut faire une histoire passionnante à lire ! C'est ça aussi la bibliomanie :-D

Merci Textor Maximus !

B.

Anonyme a dit…

Merci Bertrand pour pour le postage.
Je précise que ce livre n'est pas ennuyeux du tout !! d'accord, il n'y a pas de photo suggestive entre les édits, mais simplement des bouquet de fleurs, mais c'est un livre indispensable pour connaitre l'histoire de mes ancêtres savoyards (et aussi ceux d'Octave Uzanne, que je sache !), soumis aux lois arbitraires du Duc de Savoie.
Textor

Anonyme a dit…

Si vous me retrouvez l'etymologie du verbe "farfauter" utilisé par l'avocat de Louys Dufour, je suis preneur !
Textor

Anonyme a dit…

Voilà une perspective inattendue, réjouissante, et une nouvelle raison d'aimer le livre ancien ! Mille mercis, Textor, vous nous voyez ravis, voire ravisii !
Risquons une hypothèse, à titre d'élément, peut-être, de réponse à la question posée : la lecture de "farfauter" est-elle sûre ? et si c'était "farfanter", pour "forfanter", c'est à dire (pur italianisme) "faire oeuvre de coquin" ?
Dryocolaptès

Daniel a dit…

Très heureux que ce livre soit tombé en d'aussi bonnes mains,encore merci. Quand à ma description de la collation, il est vrai qu'elle était sans doute critiquable et non conventionnelle, j’avais pourtant essayé de faire plus simple et clair qu’en donnant tous les cahiers et leurs signatures, mais je ne pensais pas avoir laissé sous-entendre qu'il était incomplet, si cela a été le cas vous avez eu une bonne surprise à réception et c'est tant mieux. J’aurai mieux fait de ne pas donner de collation comme cela se pratique sur de nombreux catalogues et des plus prestigieux. ;))
Je serai simplement curieux de savoir ce que j’ai omis dans ma description qui vous avait laissé penser qu’il était incomplet. Ci-dessous pour mémoire collation donnée dans la fiche :
« 6 feuillets non chiffrés, 888 pages, 16 feuillets de table, un feuillet d'errata, se trouvent également numérotés en chiffres romains et en plus des autres pages
après 36 , 2 feuillets pages XXXVII...
après 156 , 4 feuillets pages CLV ...
après 228 - 6 feuillets pages CCXXIV...
après 372 2 feuillets pages CCCLXXIII »
De plus en dessous après avoir signalé un certain nombre de caractéristiques ou défauts, j'avais précisé " (…) bon exemplaire dans une solide reliure", un libraire ne peux qualifier un incomplet de bon exemplaire, il écrit en général « exemplaire d'étude » « ou à saisir en l'état » ou encore « tel que décrit » si il y a un doute sur l’intégrité du document.
Merci
Daniel B.

Anonyme a dit…

Bonjour Dryocolaptès,

Merci pour votre enthousiasme et vos commentaires.

Difficile de savoir si le terme farfauter a été correctement retranscrit. Il est tiré d’une pièce écrite en entier de la main de l’imprimeur Louys Dufour , et signée par lui , que François Rabut avait retrouvée au milieu des notes fournies par ce typographe à ses hommes d'affaires, lors du procès qu'il soutint contre Riondet. Il a pu mal lire le mot, mais il peut s’agir aussi d’une faute typographique lorsque le texte a été retranscrit en annexe des Mémoires de la Société Savoisienne d’Histoire et d’Archéologie. Il faudrait que j’aille voir si cette pièce existe toujours aux archives départementales.

J’ai cherché si le terme existait dans les dictionnaires du 17ème siècle et même dans des lexiques de patois savoyard mais sans succès (d’ailleurs, les lettrés parlaient un français très pur dans la patrie de Vaugelas et non pas le patois !).

J’avais pensé au terme plus juridique de «forfait», «forfaiture» mais il est plus difficile à justifier étymologiquement. Un lecteur a proposé une contraction forgé sur les mots farcer et fauter. Forfanter, forfanterie est une autre piste intéressante. Louys Dufour aurait alors voulu dire que Riondet avec ses grosses lettres et ses culs de lampes monstrueux (certains ayant jusqu’à 8 cmde haut !) cherchaient non seulement à gruger la Chambre des Comptes mais aussi à fanfaronner.

Je poursuis mes recherches ! :)

Bonne journée
Textor

Anonyme a dit…

Bonjour Daniel,

C’est moi qui vous remercie de m’avoir donné l’opportunité d’acheter un livre si important pour une bibliothèque savoyarde ! Livre qui est en très bon état comme vous l’avez décrit et que je suis très heureux d’avoir acquis. Mon commentaire sur la collation ne se voulait pas une critique. Votre rigueur professionnelle est bien connue.

La collation de cet ouvrage n’est pas facile car il a été rajouté un certain nombre de feuillets en cours d’impression et il n’est pas sur que tous les exemplaires aient reçu ces feuillets supplémentaires. Les catalogues donnent généralement les 888 pp numérotées et X pages supplémentaires incluant les feuillets liminaires, la table et les feuillets supplémentaires en chiffre romain ou non numérotés.

Pour penser que votre exemplaire était incomplet par rapport à d’autres exemplaires (Les deux exemplaires des bibliothèques américaines par exemple), j’avais simplement additionné les feuillets que vous mentionniez comme supplémentaires : 2 + 4 +6 + 2 soit 14 feuillets ou 28 pages avec les 12pp liminaires et les 36pp de table et errata total : 76 pp contre 106 pp ailleurs.

En réalité vous avez omis de mentionner des feuillets non paginés : 5 ff après la p 242 (une des pages 242 car il y en a plusieurs !) et 12 ff après la page 861 (qui est en fait la 1ère 861, il en existe une 2ème après l’insertion des feuillets !). Donc le vrai compte est 74 pp + 34 pp = 108 pp supplémentaires. D’où la bonne surprise !

Il manque juste le tableau dépliant des jours fériés mentionné dans le catalogue de la vente Blanc. Je l’ai reproduit en photo, mais il n’est pas dans votre exemplaire, je l’avais déjà dans le Recueil des édits de Bailly, le livre jumeau imprimé par Riondet.

Bonne journée.
Textor

Daniel a dit…

Merci de vos explications.

A bientôt avec plaisir,

Daniel B.

Pierre a dit…

Ce billet nous montre la valeur ajoutée que peut apporter un bibliophile à un ouvrage qui, sans cela, ne serait qu'un livre ancien de plus dans une bibliothèque. Bravo Textor ! Il montre aussi que , sans le réseau de quelques libraires érudits, beaucoup d'ouvrages remarquables disparaitraient de la mémoire collective pour finir dans des bennes à ordure lors de successions bâclées. Bravo Daniel ! Pierre

Anonyme a dit…

Merci Pierre ! Fort juste votre commentaire. Tels le gnou et le pique-bœuf, le bibliophile et le libraire ne peuvent pas se passer l’un de l’autre.
Textor

Daniel a dit…


2 autres hypothèses pour farfauter
- une origine italiano française pourrait être la contraction de Fare fauter faire faute
- ou totalement italienne Fare fautore que je traduirais par être partisan, partisan.

Merci Pierre, l'ego du pic bœuf est au max et j'ai bien peur qu'il doive très rapidement porter un turban et des bas de contention afin d'éviter quelques gonflements disgracieux ;))

Daniel B.

J.-C. Curtet a dit…

D'après le catalogue en ligne du réseau des bibliothèques suisses françaises*, celle du Musée d'Ethnographie de Genève conserve dans la Collection Georges Amoudruz (sous la cote GAz Sav 169) une édition du Recueil de Bally à Chambéry chez Riondet en 1674.
Ce qui, sous réserve d'une erreur de catalogage, ferait quelque peu remonter la chronologie chambérienne de Riondet.

*www.rero.ch

Anonyme a dit…

Merci J.C.Curtet pour votre précision interessante sur Riondet. Cela mérite d'être vérifié sur place, à mon prochain passage à Genève. Textor

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