mercredi 11 décembre 2013

L'ex-libris galant et érotique (ex-eroticis dans le jargon des collectionneurs) Deuxième partie. Par le Vicomte Kouyakov.



Ex Eroticis par Beker

Avant d'aborder la seconde partie de mon exposé, je signalerai que les artistes japonais contemporains, dans ce domaine, sont restés plus classiques dans leurs compositions, sujets et formats, ansi que les russes David Beker et son meilleur élève Sergei Kirnitsky comme en témoignent les quelques pièces qui suivent et qui peuvent aisément s'insérer dans un livre. La demande importante d'ex-libris libres (si l'on peut encore les appeler comme cela !), de grande valeur artistique, a favorisé leur commercialisation : l'ex-libris actuel est de plus en plus fréquemment mis en vente par les artistes, les galeristes et les collectionneurs eux-même. A bon escient, il vaut mieux s'en tenir aux échanges entre collectionneurs particuliers afin d'éviter toutes sortes d'abus possibles. Ainsi, j'ai récemment remarqué, par exemple, que les ex-eroticis du graveur belge Mark Severin se vendent à plus de 250 euros la pièce (surtout ces fameuses "pisseuses" !) L'aperçu iconographique qui suivra a pour but de présenter aux collectionneurs un peu figés dans un traditionalisme ancestral, le nouvel "ex-libris libre" dont l'apogée se situe en Europe centrale et en Europe de l'Est. Albin Brunovski ( 1935-1997) est le père véritable de l'ex-libris slovaque contemporain. Avec sa production d'ex-libris (cent gravures environ), dont le prix de vente atteint des prix records). Il a inauguré le siècle d'or de la fantasmagie, de la fantasmagorie, créant des personnages errant dans des jardins imaginaires et oniriques ! Il va sans dire que de tels ex-libris ne seront approriés qu'à des ouvrages de grande valeur et qu'ils feront plutôt fonction d'illustrations supplémentaires et personnalisées dans les livres et pourquoi pas, tout simplement, dans des albums, à part ! La plupart des graveurs slovaques passés en revue sont issus de l'Institut de l'Académie des Beaux-Arts de Bratislava où ils ont subi l'influence bénéfique du maître. Le format de ces petits chefs d'oeuvre n'a plus de limites et des artistes comme Léonid Strogonov, Nikolay Batakov, Youri Nozdryn, Konstantin Antiouchkyn, Vasyl Fenchak, Léo Bednarik, n'hésitent pas à réaliser des plaques, dont les dimensions des surfaces gravées atteignent couramment 15 X 17 cm, 22 X 16 cm ou 28 x 16 cm ! Le nombre de ces artistes de grande valeur est très important et il suffit de se référer à l'ouvrage de Luc Van den Briele, Sommets de l'art contemporain des ex-libris en Europe, in 4° de 224 pp. Bruxelles , 1997, pour s'en faire une idée. Cet ouvrage, bien illustré (160 illustrations) comporte aussi une liste alphabétique des artistes avec leurs coordonnées et une bibliographie sélective. Un dernier mot pour féliciter aussi la nouvelle génération d'artistes bulgares : Julian Jordanov, Hristo Naidenov, Edward Penkov, , Desislav Degechev, Peter Velikov, gravant d'étonnantes plaques au format plus traditionnel. J'espère, avec la documentation qui va suivre avoir fait un choix assez représentatif de ces talents nouveaux, en tout cas d'avoir donner envie d'en posséder aussi !

Bonne dégustation à tous (NDLR : et à toutes !)

Le Vicomte


Quelques Ex Eroticis par Beker (ci-dessous)







Quelques Ex Eroticis par Ichibun Sugimoto (ci-dessous)








Quelques Ex Eroticis par Inoue (ci-dessous)








Quelques Ex Eroticis par Albin Brunovski (ci-dessous)













Quelques Ex Eroticis par Marius Lugulalia (ci-dessous)















Quelques Ex Eroticis par Vasyl Fenchak (ci-dessous)












A suivre très bientôt le travail d'artistes russes, bulgares, tchèques, etc.

7 commentaires:

Anonyme a dit…

Outre la formule générale "Exlibris", il existe toute une gamme de variantes. "Ex bibliotheca" est aussi général qu'ex libris, mais "Ex
eroticis", ex musicis ou "Ex poeticis', pour n'en citer que trois, désignent une collection de livres bien particulière. La formule latine se traduit également en "Boek van" ou Verzameling van" , "Livre de "Collection de" , From the collection of, etc..;. C'est surtout sur les livres destinés aux enfants qu'on utilise la langue maternelle. Au cours du temps, la marque de propriété a adopté des formes fort diverses. Dans les manuscrits du Moyen Age et dans un nombre d'anciens d'anciens livres imprimés, on trouve parfois une formule écrite à la main qui révèle le nom d'un ou de plusieurs anciens propriétaires. Dans certains mauscrits, l'enlumineur a peint les armes du propriétaire et parfois le relieur marquait d'une estampille la marque de propriété,le plus souvent un blason. Ces marques de propriété, apposées à même le livre s'appellent " SUPERLIBROS" L'invention de la presse à imprimer fut bientôt suivie par le successeur direct de la formule manuscrite dans le livre: désormais, on l'imprimait tout simplement. Cette forme très sobre, sans prétention artistique existe toujours. De temps en temps, on entourait la marque de propriété d'un petit cadre, probablement afin de pouvoir mieux découper le texte à coller, pratique que l'on applique encore de nos jours. L'introduction de l'encadrement marqua le début d'une évolution vers la décoration de l'ex-libris, resté , jusqu'alors d'une sobriété dépouillée. L'encadrement allait désormais servir de bordure décorative, composée, par exemple, de motifs de fleurs. L'ex-libris calligraphique moderne est une version plus sophistiquée de ce premier ex-libris à lettre.
Luc VDB

Anonyme a dit…

Dans cette première période,ni les illustrations de livres ni les ex-libris n'étaient signés, les artisans n'étant pas reconnus comme artistes. Parfois le talent des grands artistes graveurs a fini par imposer la reconnaissance. Au dix-septième siècle déjà, des illustrations munies d'un monogramme font leur apparition. Plus tard, la plupart des dessinateurs signeront de leur nom.
Pendant la Renaissance , la possession de livres devient de plus en plus le symbole du prestige des patriciens qui ont fait fortune: c'est là, probablement qu'il faut situer le succès naissant de l'ex-libris, comme forme d'art. Le plus souvent les bibliophiles de l'époque entretenaient de bonnes relations avec les artistes en vue. A la différence de l'ex-libris artisanal, l'ex-libris artistique ou semi artistique doit sa naissance à quelques peintres qui jouissent également d'une grande renommée dans l'histoire de l'art, à savoir Albrecht Durer, Lucas Cranach et Hans Holbein. Ce sont eux qui, probablement malgré eux, ont mis l'ex-libris sur une voie plus artistique. A partir de cette période, l'ex-libris continuera d'évoluer sur deux rails.
Partant de l'Allemagne , l'ex-libris n'a pas tardé à cheminer vers les pays voisins. Via l'Alsace, il est d'abord arrivé en France ensuite dans les autres régions d'Europe occidentale. L'Europe centrale et l'Europe de l'Est ont fait sa connaissance un peu plus tard.
Après le seizième siècle, des graveurs anonymes, travaillant dans des ateliers, continuent de produire de nombreux ex-libris. Jusqu'au vingtième siècle, l'ex-libris est resté un produit secondaire parfois important pour les artistes qui se sont spécialisés dans l'illustration de livres ou le graphic design. Bayros, Rassenfosse, Rops (un seul reconnu), Martin van Maele, puis Paul delvaux, Franz Masereel, Ensor, Hans Bellmer , pour ne citer que les plus connus furent les successeurs talentueux d'Albrecht Dürer!
Luc VDB

Anonyme a dit…

Les amateurs d'ex-libris ont commencé à les collectionner au dix-neuvième siècle. Au début, les collections étaient très modestes, les collectionneurs se limitant au cercle étroit des amis. Vers 1820, une certaine MISS JENKINS, une ANGLAISE aurait commencé la PREMIERE COLLECTION.C'est en Angleterre également, soixante ans plus tard, que parut le premier ouvrage consacré à l'ex-libris!
Dans les années qui suivirent, des associations de collectionneurs se sont de mieux en mieux organisés, probablement sous l'influence d'autres formes de MANIES de collection ayant pour objet d'autres produits de l'industrie graphique( affiches, chromos, cartes postales, timbres).
En 1891, des associations de collectionneurs d'ex-libris furent fondées en Angleterre et en Allemagne. En France, elles virent le jour deux ans plus tard. Le premier manuel du collectionneur parut à Londres en 1895 ( Labouchère Norma, Ladies' Boob-plates. An illustrated hand book for collectors and books-lovers, Londres, George Bell & Sons, 1895)
Chose curieuse, c'est à partir d'un intérêt féminin que fut écrit cet ouvrage; L'exemple de MISS JENKINS n'avait pas tardé à inspirer d'autres amateurs.
Luc VDB

Anonyme a dit…

C'est amusant qu'une femme ,soit à l'origine de l'extension de l'ex-libris! Qui aurait pu penser cela. Et bien, messieurs les misogynes, prenez -en de la graine!
Collection stupéfiante, inattendue, dans le domaine érotique, mais de haute qualité artistique!
J'attends la suite avec impatience!
Faciles à cacher pour les collectionneurs honteux, aux mains moites ou pour les catéchumènes , gavés de confiserie dévote..! Bientôt, sans doute, dans des coffres , à la banque, étant donné la valeur financière qu'ils semblent prendre! A quand , un catalogue chez Christies ou chez
Pierre Bergé??
Medicator Priapus.

Raoul Viergerie a dit…

J'aimerai tellement me faire faire un ex-libris eroticis par Fredillo -ou par Van Maële - ca va pas être facile !

Anonyme a dit…

Là, vous m'en baillez une belle, Raoul, seriez-vous insensible à la beauté du graphisme slave?
Apparemment, vous n'êtes pas le seul vu l'absence notoire de commentaires!
Medicator Priapus

Anonyme a dit…

Merci Monsieur le Vicomte,
Merci Serge pour ta magnifique collection d'ex-libris (et le reste) qui s'offre pour le plaisir de nos yeux (et ensuite notre cerveau, notre conscient, notre inconscient, nos rêves...). Merci de m'avoir fait découvrir il y a quelques années le monde merveilleux de l'ex-libris (eroticis)international et intemporel. A bientôt, ici ou ailleurs?
JA, collectionneur modeste mais enthousiaste

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