samedi 29 août 2009

Vieux souvenirs... vieilles photographies et cartonnages romantiques.



Daguerréotype vers 1850-1860.
Photographie d'une famille. Le père, la mère et l'enfant.
Vue de détail. Dimensions de la vue entière 11 x 15 cm.



Je ne pouvais évidemment pas vous abandonner comme cela avec mes historiettes de cartonnages romantiques, bibelots d'une époque où nos arrière arrière grand-mères posaient en belle tenue pour effectuer la photographie souvenir dont la postérité ferait grand cas. C'est certain.

Alors, un peu en chemin de traverse des livres, voici un souvenir du temps qui passe. Nous sommes aux environs de 1850-1860, une petite famille, la mère, le père et leur jeune fils de 9 ou 10 ans, posent bien sagement pour cette photographie extraordinaire.



Vue d'ensemble du daguerréotype dans son cadre d'origine.
Bords de la vue largement oxydés et effacés par l'action de la lumière.
Vers 1850-1860.



Je ne suis pas expert en photographies anciennes mais je dirais que cette photographie est très certainement un daguerréotype.

Les Daguerréotypes sont des images à la définition remarquable, obtenues sur des plaques de cuivre recouvertes d'argent. Elles sont présentées sous verre, dans un écrin ou un cadre. Ils ont un effet miroir qui oblige à les incliner légèrement afin de pouvoir contempler l'image. Le Daguerréotype fut le premier procédé photographique a connaître un succès commercial et qui fut reconnu comme donnant un résultat remarquable.

Les Daguerréotypes furent très populaires de 1840 jusque dans les années 1860, et plus particulièrement le portrait photographique.
Le gros problème de cette technique photographique c'est que le cliché est très sensible à la lumière et à l'oxydation dans le temps, ce qui donne bien souvent des clichés devenus quasiment invisibles. Ce qui est pratiquement le cas de celui que je vous présente aujourd'hui. Il a rejoint ma collection de photographies anciennes montrant des livres.


Il a été extrêmement difficile de prendre une photographie correcte de ce daguerréotype étant donné le verre protecteur du cadre (verre très épais) et la surface même du support de la vue, une feuille de cuivre argentée. La prise de vue n'a été possible qu'au flash et de biais après de multiples essais infructueux. Le résultat reste médiocre et déforme quelque peu les personnages... mais il n'a pas été possible de faire mieux...


Ce qui est amusant ici, c'est qu'on y voit justement dans les mains de la mère, un joli cartonnage romantique en papier gaufré décoré. Certes, ce n'est pas un cartonnage à médaillon, mais c'est un livre de la même époque à en juger par les motifs décoratifs. Je vous laisse méditer sur cette belle photographie que je vous montre un peu comme un trésor, car habituellement elle est à l'abri de la lumière, dans un tiroir, bien au sec.

Évidemment, on ne saura jamais qui étaient ces gens... On ne peut qu'imaginer leur vie, leur temps. Et c'est déjà assez pour nous faire plaisir.


Vue de Détail. On distingue encore de pales couleurs. Le livre est dans les mains de la mère, à droite sur la photographie. On distingue bien qu'il s'agit d'un cartonnage en papier gaufré certainement doré.


Encore une fois, vous voyez que ma bibliophilie passe par des chemins de traverse, non rectilignes et pleins de virages, pleins de vagues et d'aventures ; une bibliophilie bien vivante et pleine de délices.

Ma bibliophilie se nourrit de tout, et je la partage avec vous.


Bonne journée,
Bertrand

10 commentaires:

Textor a dit…

Elle tient un livre pieux à n’en pas douter.
C’est étrange comme ces photos anciennes ont un charme fou. Elles ont figé un instant qui paraît tellement loin aujourd’hui. Avec leur regard fixe et leurs airs démoniaques on dirait des extra-terrestres, ou des morts-vivants qui nous dévisagent !
Dommage que nous ne connaissions pas leur nom.
Le gamin semble avoir peur de l’objectif et il sert le bras de son père. La femme est distante et parait s’ennuyer dans ce confort bourgeois et cette vie trop règlée. Il aurait fallu que Flaubert lui écrive son histoire …

Merci Bertrand d'avoir ouvert votre tiroir secret.
T

Bertrand a dit…

Il y a indéniablement un côté dostoïevskien chez cet homme, un côté flaubertien chez cette femme, on aimerait en effet en savoir plus sur eux... (mais là ce n'est plus le bibliophile qui parle mais le généalogiste...)

B.

Raphael Riljk a dit…

Colorisé !?

R.

Bertrand a dit…

à priori les couleurs sont celles d'origine et la photographie ne semble pas avoir été coloriée.

Ce qui me faisait aussi pencher pour un ferrotype ... ??

Mais je n'y connais pas grand chose en techniques photographiques anciennes...

S'il y a un expert dans la salle ?

Qu'il parle maintenant ou qu'il se taise à jamais ;-))

B.

Raphael Riljk a dit…

Quelques détails intéressants :

http://www.musee-orsay.fr/fr/collections/oeuvres-commentees/photographie/commentaire_id/portrait-de-deux-soeurs-jumelles-9374.html?tx_commentaire_pi1[pidLi]=847&tx_commentaire_pi1[from]=844&cHash=b9dc39dd1e

R.

Raphael Riljk a dit…

Pour faire plus simple :

Portrait de deux soeurs jumelles

Ce daguerréotype pleine plaque est tout à fait exceptionnel tant par ses dimensions que par son état de conservation et son sujet. La pose des deux jeunes filles, proche des Deux Soeurs de Théodore Chassériau (musée du Louvre), évoque la peinture. Une subtile mise en couleur - le rose aux joues, la marqueterie du piano, la tapisserie du fauteuil – souligne encore la qualité picturale de l'épreuve, servie par une maîtrise technique remarquable. La colorisation des daguerréotypes, travail délicat, était généralement confiée à des mains féminines qui appliquaient sur une plaque achevée des pigments colorés. Si cette pratique permettait de remédier à l'absence de reproduction des couleurs par la photographie, elle n'en fut pas moins critiquée pour son aspect souvent criard et artificiel. Ici, les couleurs restent discrètes et mettent en valeur le sujet sans le camoufler. Le polissage soigneux de la plaque permet de mettre en valeur les noirs et les blancs des vêtements ainsi que la carnation des deux jeunes femmes.
Aujourd'hui anonyme, ce daguerréotype révèle pourtant le talent d'un photographe chevronné et rompt avec la qualité habituelle des portraits de cette époque. La pose des modèles comme le décor sont choisis avec soin. La similitude des vêtements et des coiffures en bandeaux, très à la mode dans les années 1840, accentue l'effet de ressemblance, tandis que les mains jointes exaltent encore le sentiment de proximité affective entre les deux soeurs.

Bertrand a dit…

Très intéressant, ce serait donc un coloriage à posteriori de la plaque de cuivre argentée, et ce, par de délicates mains de femmes...

B.

Anonyme a dit…

Bonjour,
d'ou vient ce daguerréotype ? Est ce un objet de votre collection ?
merci de me repondre par mail dubois_rubio@hotmail.com
Cordialement
CDR

CHRISTOPHE DUBOIS RUBIO a dit…

Bonjour,
d'ou vient ce daguerréotype ? Est ce un objet de votre collection ?
merci de me repondre par mail dubois_rubio@hotmail.com
Cordialement
CDR

Librairie L'amour qui bouquine a dit…

Vendu depuis plusieurs années.

B.

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