mercredi 29 août 2012

Quelques considérations de rentrée ... et de nouvelles pièces de collection servant à l'histoire de la librairie ancienne et moderne Charles Bosse à Paris.


Ce message est le 1.101ème message posté sur le Bibliomane moderne ! Qui l'eut cru ? Certainement pas le père Lustucru ! Quoi qu'il en soit, même si cela devient difficile de faire aussi bien et autant qu'à ses débuts, le Bibliomane restera pour moi (et pour vous je l'espère), une belle aventure. Les publications se font plus rares, et pour cause, je suis carrément infidèle aux Bibliomanes pour aller me réfugier dans les jupons des dames d'Octave Uzanne. Ah l'Octave ! Il m'occupe celui-là ! Et plus qu'il ne faudrait ! Et plus qu'il ne devrait ! Mais c'est ainsi, quinze ans au moins que je ne démords pas que ce bonhomme avait du chien ! Que sa vie devait être passionnante et passionnée ! Qu'il recelait sans aucun doute plus d'un mystère, et sous sa plume féconde, et sous sa robe de bure de faux-moine perverti par la beauté et l'art de plaire chez les femmes. J'en découvre de jours en jours. Et ce n'est pas fini !

Il n'y aura pas de livres publiés pour le moment ni de si tôt d'ailleurs, sauf peut-être un livre d'images, c'est à voir. Car j'ai bien peur que publier prématurément sur l'Octave, c'est faire fi de s'attendre à des rebondissements biographiques inouïs ! des découvertes de dernière minute qui font boum ! Alors restons sages, humbles, rangeons au placard toute forme d'égotisme mal placé et donnons à ceux que cela intéresse, c'est à dire finalement très peu de monde (et ce n'est sans doute pas plus mal), chaque jour, ou presque, un petit morceau de pain à grignoter. Qui une uzannerie par ci, qui une uzannerie par là. Et le puzzle petit à petit prendra forme, sans manque, sans erreurs, mais ce sera long, très long (et c'est ça qui est bon).

Nous verrons bien ce qu'il adviendra de tout ça. J'essaye de lutter contre l'idée préconçue et anti-moderniste qui voudrait faire croire à la majorité (qui le croit volontiers d'ailleurs), qu'écrire dans un blog n'a pas la même valeur que d'écrire un livre. Je m'insurge contre cela ! Il y a parfois tant d'âneries dans un livre, de choses caduques, obsolètes, erronées, non corrigées, etc., que son auteur aurait sans doute eu meilleure vue d'opter pour la forme blog. Mais que voulez-vous, il y a encore de ces réflexes qui font du nom d'un auteur en haut de première de couverture un panthéon incomparable. J'aime laisser à d'autres ces petits délices éphémères et qui sont, j'en suis convaincu, une sorte de tartuferie moderne. Mais laissons cela et passons à ce qui nous occupe aujourd'hui.

Ne faudrait-il pas être bien maniaque pour commencer une collection de cartes de voeux de libraires !? Je crains fort avoir attrapé ce virus aliénant. Vous souvenez-vous, il y a de cela presque une année, lorsque je vous parlai pour la première fois de la librairie Charles Bosse ? J'avais commis un billet illustré sur cette libraire parisienne qui m'avait interpellée au détour d'une vieille carte postale : Les devantures de librairies anciennes en images par la carte postale : la librairie ancienne & moderne Charles Bosse (1871-1944). Tel était le titre du billet publié le 7 décembre 2011. J'avais réitéré avec un autre billet sur cette même librairie : Charles Bosse, libraire et Joseph Uzanne, journaliste, vous présentent leurs meilleurs voeux pour la nouvelle année. Billet publié le 3 janvier 2012. Je vous laisse lire ou relire ces deux billets pour vous remettre en mémoire la petite histoire de cette grande librairie parisienne. Si j'en crois les commentaires et les messages reçus à l'époque de la parution de ces deux billets, cette petite histoire avait intéressé de nombreux lecteurs du Bibliomane moderne. Quid depuis ? Et bien le hasard et la persévérance un peu aveugle et forcément entêtée a fait son oeuvre. Deux nouvelles acquisitions viennent désormais compléter ce petit tableau de la librairie Charles Bosse. Ce sont deux cartes de voeux qui sont venues rejoindre ma collection. La première, de format carte postale, a été imprimée pour les voeux de la nouvelle année 1903. Elle est imprimée en noir, et représente deux dames assises dans une librairie, la première âgée et la deuxième jeune et portant beau l'habit neuf. La vieille date porte en bas de sa robe la date de 1902 et la jeune la date de 1903. Belle métaphore du temps qui passe et des années qui filent ... Cette jolie carte a été coloriée à l'époque à l'aquarelle à la main, sans doute au pochoir. Le dessin est signé A. COSSARD / 02. (il doit s'agir d'Adolphe Cossard, né en 1880, ici âgé donc de 22 ans seulement, sans doute ses débuts d'artiste décorateur-peintre). L'adresse de la librairie est au 46 rue Lafayette à Paris. Cette carte de voeux est imprimée sur un beau papier vélin chiffon épais de type Whatman.


La deuxième est atypique. Il s'agit d'une eau-forte, imprimée sur beau papier vélin chiffon de type Arches, épais. Seulement son format n'est pas celui d'une carte de voeux mais celui d'un in-4 ! Elle mesure 28,5 x 21,5 cm). Il s'agit donc, sans aucun doute d'une eau-forte originale destinée à être ensuite réduite et peut-être même a être reprise en photogravure. Ce serait donc une épreuve d'artiste, ou épreuve d'essai, assez rare, ou pas. Il n'y a aucune mention ajoutée à l'épreuve. On ne pourra donc que conjecturer dans l'infini avant de rencontrer un autre exemplaire de cette même gravure, sans doute dans un format réduit. Cette carte de voeux est pour la nouvelle année 1911. Je vous laisse regarder le sujet, assez complexe (il semblerait qu'il montre la rue Lafayette en grands travaux, avec une passerelle improvisée pour se rendre dans la librairie Bosse, des trous, des tas de terre, des chevaux au travail, des engins élévateurs à l'arrière-plan - il faudrait chercher dans la documentation urbaine de la ville de Paris, il a du y avoir de grands travaux de voierie dans cette rue à la fin de l'année 1910). La gravure est signée G. TRILLEAU. G. Trilleau, ça me disait bien quelque chose ... et effectivement, le Bibliomane avait évoqué cet artiste au détour d'un livre érotique illusré. Le billet s'intitulait : Description d'un joli livre illustré érotique : La Matinée libertine ou les Moments bien employés par Andréa de Nerciat. Pointes sèches de Legendre. Je vous invite à le lire ou relire ICI. Une très belle eau-forte donc, de beau format, un sujet peu commun, pour une acquisition qui ma foi contenta pleinement son bonhomme !

Ce n'est qu'un début de collection bien sûr et peut-être demain s'arrêtera-t-elle tout net ici, sans aller plus avant. Mais je gage qu'il doit bien rester encore quelques belles cartes de voeux de la librairie Charles Bosse à découvrir ... et je crois bien que je vais persévérer encore quelque temps. Et puis il y a aussi Conquet, Lemerre, Jouaust, Lemonnyer, et tant d'autres libraires qui ont dû faire imprimer artistement plus d'une belle carte de voeux dans leurs belles carrières respectives.  Qui sait ? Peut-être même en avez-vous quelques unes sous votre oreiller sans vouloir confier ce terrible secret à personne ? ...

Bonne soirée
Bertrand Bibliomane moderne

8 commentaires:

Textor a dit…

Bizarre, oui, cette seconde carte de vœux ,des travaux de voirie à Paris, tiens donc, c’est étonnant ! Et ce bibliophile funambule escaladant la passerelle…surréaliste ! Tribeau , graveur ?

Bonne soirée
Textor

Le Bibliophile Rhemus a dit…

J'en ai une boîte pleine....faute d'avoir pris le temps de les classer dans un album. Trop tard maintenant, j'ai d'autres choses à faire, mais j'ai peur qu'après moi tout ça aille à la benne...comme les précieuses notes de Georges Lepreux sur les imprimeurs qui ont été jetées après sa mort.

Anonyme a dit…

Je suggère donc une donation du Bibliophile Rhemus au Bibliomane!

Olivier a dit…

Blog, c'est journal de bord sur internet, non?
Bon vent, belle mer! comme on dit

Ce qui m'interroge dans la carte de 1911 c'est ce petit bâtiment sous lequel les chevaux passent... J'aurais dû faire génie civil...

J'aime bien aussi l'impression que c'est l'élégante qui est dans un enclos... Elle attend son bibliophile de mari qui entre chez Bosse?

Bonne soirée,
Olivier

Textor a dit…

Au premier coup d’œil, avec ma vue basse, j’avais cru voir le cadavre d’un bibliophile étendu sur la chaussée et j’avais pensé que la dame à la boite aux chapeaux était sa veuve se précipitant chez Bosse pour vendre la bibliothèque. Mais, non, finalement, ce n’est qu’une brouette…
T

Le Bibliophile Rhemus a dit…

Plus près de nous, Blaizot continuait à envoyer ses voeux à l'aide d'une jolie carte, comme le faisaient ses ancêtres depuis la fondation de la librairie. Le fait-il encore ? je ne reçois plus ses cartes depuis quelques années...

Raoul Viergerie a dit…

Pfu !! De toute evidence c'est la creation de la ligne 7 du métro rue Lafayette. Rien de mystérieux là-dedans.

Pas sur qu'une gravure où une jeune femme regarde les ouvriers au travail chemises ouvertes tandis que monsieur se précipitent dans une librairie ancienne soit vraiement une pub en faveur de la bilbiophilie....

Raoul Viergerie a dit…

"se précipite" (ce que je n'aurai pas du faire en tapant mon texte)

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